281 L’ego et son milieu familial

Le milieu familial involutif agit comme un moule à partir duquel la programmation de la psyché de l’individu s’actualise et s’inscrit progressivement dans la matière de son corps. Dit autrement, le milieu familial fonctionne comme un principe de conditionnement psychique à une palette élargie d’émotions humaines que l’individu expérimente régulièrement dans les interactions avec ses proches. Ce faisant, ces émotions viennent configurer les paramètres de son système nerveux dont les réactions constituent les schémas comportementaux répétitifs qui maintiennent l’individu dans une perception particulière de lui-même. Ces expériences émotionnelles créent des assujettissements intériorisés à des vécus répétés qui structurent la fausse identité que l’individu se construit en réponse à celle de ses proches eux-mêmes soumis aux mêmes principes de conditionnements imposés dans le temps. Le milieu familial est un égrégore puissant qui s’exerce sur la psyché de l’individu pour lui imposer des liens de loyauté dénaturés car ces liens sont tous fondés, à un degré ou à un autre, sur des chaînes karmiques de pardon et de culpabilité. Soumis à ces liens, l’individu intériorise des formes mensongères d’identification qui le circonscrivent à un périmètre psychique face auquel il butte rapidement sans en comprendre les raisons. Le milieu familial est une machine à créer des barrières apparemment infranchissables parce que vécues comme faisant parties de la normalité des névroses familiales, entre ce que l’individu croit de lui et ce qui est réel en lui. Sans le savoir, l’individu est pris dans un aspirateur énergétique qui le prive de ses ressources propres pour casser les chaînes karmiques qui l’emprisonnent psychiquement dans son rapport à lui-même et à ses proches. Il porte la charge d’un environnement familial qui est sa première prison psychique tout en étant dans le même temps un levier programmatique potentiel à partir duquel il peut percer à jour le réel en lui. Ce milieu peut effectivement devenir le lieu de toutes les transformations possibles dès lors que les consciences qui l’animent cessent de sacraliser sa puissance involutive pour en faire un levier d’évolution. Cela suppose que l’individu détruise en lui tout ce que l’égregore familial a cristallisé dans ses corps. Cette destruction impose une rupture des chaînes qui creusent le sentiment de culpabilité, de rejet ou d’abandon dont l’énergie détermine et orchestre les rapports faussés entre l’individu et son milieu familial. Cette destruction oblige l’individu à se redéfinir totalement en dehors des croyances familiales pour réhabiliter en lui une identité qui soit lavée des charges karmiques qui limitent son expansion psychique. Ce n’est plus le milieu familial qui définit l’individu à travers ses prismes mémoriels émaillés de traumas, de souffrances et de non dits, mais l’individu qui redéfinit un rapport conscient à des êtres qu’il reconnaît dans cette vie comme étant des frères, des parents, des soeurs, des oncles, des cousins, des tantes, des enfants… mais dont la conscience, dans son absolue, dépasse de très loin l’attribution qui leur est assignée. La structure familiale rigidifiée, cristallisée et nécrosée par l’accumulations de toutes les histoires de sa généalogie peut alors amorcer une mutation synonyme d’effondrement de toutes les croyances sécurisantes ou insécurisantes ayant fonctionné comme facteur de reliance ou de déconnexion entre les membres d’une même famille. L’individu qui entre dans une évolution de conscience verra que le référentiel identitaire qui s’est bâti en lui perdra de sa valeur initiale pour devenir le terreau d’une vision élargie de qui il est en dedans comme en dehors de sa famille.

Sandrine Vieillard

Publié par svieilla

Je m'intéresse à la psyché humaine à la frontière du visible et de l'invisible. J'ai quitté en septembre 2022 mon poste de professeure de psychologie cognitive à l'université Paris Nanterre pour développer une approche de la conscience humaine en dehors des cadres académiques qui me sont apparus en phase d’effondrement. Depuis 2020, je me suis formée à différentes pratiques de soin et d'accompagnement dont certaines sont présentées sur ce site. Dans le même temps s'est dessinée l'obligation de percevoir et de comprendre qu'une nouvelle psychologie devait être déployée (comme beaucoup d'autres champs d'exploration dans l'humanité) au service de l'expansion des consciences humaines et qu'un vaste champ de savoir était à arracher à l'invisible pour en faire une science et non une croyance. Le but étant d'aller à la rencontre de ce qui est réel en chacun de nous. Ce site décrit par ailleurs les soins que je propose dans le cadre de mon activité identifiée sous le n° Siret 902 918 168 000 11.

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