L’ego doit savoir que son rapport à l’autre est régi par des lois d’impression qui s’exercent sur lui dans des formes multiples, variées et très subtiles. Lorsqu’elles le saisissent dans ses interactions avec autrui, ces lois d’impression viennent imprimer en lui une perception de lui-même qui peut lui faire sentir subtilement qu’il est impressionné par l’autre ou encore qu’il impressionne l’autre. Dans un cas comme dans l’autre, l’ego ressent en lui une impression qui le magnétise dans ce qu’il perçoit de lui-même vis-à-vis d’autrui. Dans ce rapport, il y a toujours la marque d’un déséquilibre où un ego a préséance sur l’autre du fait des impressions qu’il suscite. Dit autrement, le rapport entre les egos qui s’établit sur des lois d’impression qu’ils subissent sans les comprendre porte immanquablement en lui le germe d’un rapport de domination qui se mettra à jour avec le temps du fait même que les egos sont ignorants de ce qui les magnétise. Ce jeu très subtil de l’émergence, dans la sensibilité de l’ego, d’impressions qu’il ressent en lui en rapport avec l’autre, le place dans une situation où tout son corps de désirs est pénétré de cette impression qui infuse en lui et fait naître un sentiment de lui-même qui vient le circonscrire immédiatement dans un périmètre relationnel qui détermine la façon dont il investit la relation à l’autre. La particularité de ces lois d’impression est qu’elles s’imposent à l’ego du fait qu’elles lui font vivre une expérience sensible qui vient réveiller en lui toute une gamme de vibrations en lien avec du mémoriel cristallisé dans ses corps. Cette activation du mémoriel allume les circuits biologiques du corps émotif pour nourrir les impressions que l’ego ressent en lui mais dont il ne parvient généralement pas à identifier ni la source ni le jeu. Cette coupure de l’ego vis-à-vis de ce qui vient occultement activer sa sensibilité, le place dans une situation où il s’identifie totalement à ce qu’il ressent et à ce qu’il comprend de lui-même à partir de ce que l’autre lui fait vivre dans ce rapport de magnétisation. Ce rapport de magnétisation peut être polarisé positivement ou négativement. Lorsque ce rapport de magnétisation est polarisé positivement, l’ego se laisse d’autant mieux imprégné par le sentiment que cela imprime en lui parce que cela vient le conforter et le sécuriser potentiellement dans la fausse identité qu’il s’est construite. L’ego croit ce que lui fait vivre intimement ce rapport de magnétisation et se définit à partir de lui. Il en fait potentiellement sa grille de lecture de la vie et peut même asseoir des prises de décision en lien avec les impressions qu’il a ressenties. Impressions qui pourront, par le jeu des manipulations occultes, si ce jeu n’est pas dévoilé, tomber du jour au lendemain pour laisser l’ego exsangue de lui-même et de la relation. L’imposition des lois d’impression sur l’ego qui détermine les perceptions qu’il a de lui-même en rapport avec l’autre, le piège dans un rapport de domination qui ne dit pas son nom. La domination qui s’exerce ici est celle de l’occulte sur la sensibilité de l’ego. Et elle devient la domination d’un ego ignorant de ce qui le domine sur un autre ego ignorant de ce qui vient l’envahir. Les dès sont pipés. Aucun ego ne peut dans ces conditions établir un rapport à l’autre qui soit libre de tous les mensonges charriés par la manière dont les mémoires du passé viennent vibrer dans leur corps et amorcer des formes de réactivité propre à polluer la relation et par conséquent à faire souffrir les égos. Lorsque l’ego aura pris le parti de détruire toutes les formes d’impression qui veulent s’imposer à lui pour distordre son rapport à lui-même et son rapport à l’autre, il établira suffisamment de clarté dans son mental pour construire une assise vis-à-vis des plans invisibles qu’il utilisera pour manifester sur terre un rapport transparent et équilibré à l’autre. Rapport qui devient une relation vécue au service d’une expansion mutuelle et d’une communication d’égal à égal plutôt qu’un rapport voilé et dicté par des forces qui se nourrissent de la diffraction des égos pour perpétrer leur règne sur les psychés. Pour cela, l’ego doit sortir de son immaturité psychique qui le fait s’accrocher à ce qui le magnétise pour aller au-delà des illusions qui l’ont toujours maintenu dans le périmètre d’une perception limitée de lui-même.
Sandrine Vieillard