254 Quand l’égo explore tous les recoins de son rapport à lui-même

L’ego qui traverse le processus d’épuration de son corps astral est forcément mis à un moment donné ou à un autre en situation d’être face à lui-même. Concrètement, cela se traduit par l’expérience de la solitude que l’égo endure d’abord comme une condition qui vient au fil du temps révéler ses insécurités, pour petit à petit devenir une condition qu’il comprend de mieux en mieux et qu’il apprend à utiliser comme un espace d’exploration infini de sa propre psyché. Cette possibilité que l’égo se donne d’établir un rapport équilibré avec sa solitude passe par sa capacité à comprendre, chaque fois qu’elles se présentent, que les impatiences, les frustrations ou les impressions diffuses et désagréables d’être esseulé, sont la manifestation des irruptions psychologiques, c’est-à-dire du mémoriel de sa condition involutive de s’être senti seul et dépourvu face à la vie. En éprouvant le temps qui passe tout en comprenant le processus occulte à l’oeuvre qui s’établit en arrière plan pour épurer ce mémoriel et transmuter ses corps, l’égo apprend à exercer sa conscience sur ce sentiment abyssal et diffus d’être seul au monde. Cela passe par le fait de ressentir la douloureuse tension qui se fait jour en lui sans la fuir par les ressorts psychologiques habituels qui propulsaient autrefois l’ego dans la vie. La mise à l’arrêt de l’égo dans ses fuites psychologiques l’oblige à visiter cette zone qui lui apparaît infinie et souvent effroyable tellement elle se situe aux antipodes du remplissage existentiel qu’il connaissait auparavant. Cette avancée lente dans l’espace de son intériorité qui ne fait l’objet d’aucune idéalisation, entraîne l’ego vers une nouvelle définition de lui-même qui passe par l’exploration de l’intégralité des insécurités qui ont émaillé ses vies. Il arrive à un moment où l’égo comprend que sa solitude est amenée à devenir le vivier de sa propre créativité. De terrain potentiellement désertique et aride, sa solitude devient l’espace fertile de l’expression de son identité, c’est-à-dire de l’expression de sa vibration débarrassée de toute interférence astrale. L’ego fait place nette et restaure en lui un espace autrefois rempli de miasmes, de fantômes et de démons pour en faire un territoire autonome hospitalier et délicat où la beauté du vivant se démultiplie en variété de formes aussi créatives les unes que les autres. L’ego transmute son sentiment psychologique de solitude en espace de communication avec son infinité pour chaque jour s’approcher du grain fin de sa nature originelle et faire l’expérience de ce que cela signifie que de contacter le cosmos dans la matière totalement renouvelée de son incarnation. L’ego ne redoute plus la solitude, il en transfigure totalement le visage pour en faire la conquête de lui-même.

Sandrine Vieillard

Publié par svieilla

Je m'intéresse à la psyché humaine à la frontière du visible et de l'invisible. J'ai quitté en septembre 2022 mon poste de professeure de psychologie cognitive à l'université Paris Nanterre pour développer une approche de la conscience humaine en dehors des cadres académiques qui me sont apparus en phase d’effondrement. Depuis 2020, je me suis formée à différentes pratiques de soin et d'accompagnement dont certaines sont présentées sur ce site. Dans le même temps s'est dessinée l'obligation de percevoir et de comprendre qu'une nouvelle psychologie devait être déployée (comme beaucoup d'autres champs d'exploration dans l'humanité) au service de l'expansion des consciences humaines et qu'un vaste champ de savoir était à arracher à l'invisible pour en faire une science et non une croyance. Le but étant d'aller à la rencontre de ce qui est réel en chacun de nous. Ce site décrit par ailleurs les soins que je propose dans le cadre de mon activité identifiée sous le n° Siret 902 918 168 000 11.

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