Lorsque dans sa vie sentimentale l’égo se sent blessé, il ressent une souffrance qui se manifeste par une sensation physique plus ou moins forte localisée à différents étages de son corps. Cette blessure qui réveille dans son corps physique une tension douloureuse est toujours associée à un sentiment diffus ou très saillant d’être abandonné ou rejeté. La souffrance de se sentir rejeté ou abandonné peut parfois être très intense. L’égo est alors mis face à sa propre vulnérabilité dont les dimensions abyssales qu’il a toujours fait en sorte de ne pas regarder deviennent insupportables. Insupportables au point que l’égo, pour tenter de se soulager de cette souffrance, se réfugie dans ses réflexes habituels de trouver la faute ou le fautif en dehors de lui ou encore au dedans de lui en se dévaluant. La souffrance qui brûle dans le corps de l’individu est comme l’épine qui attise la cruauté de Karaba la sorcière dans Kirikou, elle pousse l’égo à rechercher le coupable. Elle le pousse à désigner un responsable. Quelqu’un ou quelque chose en soi ou en dehors de soi à blâmer. L’individu ne fait pas cela parce qu’il est foncièrement mauvais. Il le fait parce qu’il a trop mal et parce qu’il est ignorant des lois des plans invisibles qui régissent sa vie planétaire. Dans l’état de souffrance où l’égo cherche à se sortir de ses tensions par les moyens de ses fuites psychologiques habituelles (e.g., se divertir, chercher du réconfort, se plonger dans le travail, être dans des quêtes relationnelles, juger l’autre, le réprimander,…), il y a toujours un moment ou il s’entend dire en lui quelque chose comme : « de toute façon moi je vais m’en sortir et c’est l’autre qui va souffrir à un moment donné ; alors il l’aura bien mérité » (« du fait de m’avoir fait souffrir »). Cette petite voix irrépressible qui, pour donner raison au réflexe défensif de l’égo qui ne veut pas voir l’abysse de sa souffrance, souhaite quelque part ‘l’anéantissement’ de l’autre est la petite voix des forces retardataires en l’individu. L’action de ces forces retardataires en lui le condamnent à chausser coup sur coup le masque de la victime puis celui du bourreau dans un grand remous émotif intérieur. La petite voix qui, dans ce remous, veut ‘anéantir’ l’autre est la force « Anti-Homme » qui sévit en l’individu. Cette force est puissamment pernicieuse car elle se glisse dans l’intimité la plus stricte de l’égo qui n’aura jamais le mouvement de partager à autrui cette violence qui l’envahit car il craindra d’être jugé pour cela. La perversité de cette petite voix est donc totale: elle fait vivre à l’égo une violence vis-à-vis d’autrui qu’il ne s’autorise pas à énoncer comme telle car il la croit sienne et se faisant se sent coupable d’avoir pu être traversé par une telle force destructrice en lui. La boucle de la plus grande des perversions est alors bouclée. L’individu vit intérieurement une violence qui l’enchaîne parce qu’elle ne peut être dite sous peine d’être condamné et donc totalement incompris dans la situation d’emprise qu’il subit. Cette petite voix instaure la loi du silence autour d’elle. Ce faisant, elle fait le vide autour d’elle et impose sa domination sur l’égo qui se trouve seul à seul avec elle, elle qui lui apparaît comme sa seule bouée de sauvetage pour gérer sa si grande souffrance. Par ces moyens, cette petite voix est la quintessence de l’action des forces retardataires en l’individu qui est poussé malgré lui à potentiellement souhaiter le mal pour autrui, que ce mal soit petit ou grand peu importe, et à le taire dans sa relation à l’autre. De ce fait, la relation devient opaque, c’est-à-dire non transparente. Dit autrement, en maintenant dissimulée en lui la violence qui le sépare de l’autre, l’individu n’a pas d’autre choix, et il ne le réalise pas toujours pour lui même, que d’entretenir des relations d’hypocrisie. Lorsque l’égo est pris dans le bain des petites voix qui créent toutes les variations possibles de division avec l’autre, il ne vit que cela : des relations d’hypocrisie. Lorsque l’égo prend la mesure de cette manipulation, il mesure la souffrance infinie que cette petite voix qui prend le pouvoir sur lui lui fait subir car elle le dénature dans son rapport à l’autre. Lorsque l’égo est prisonnier de cette petite voix, il préfère souhaiter le pire pour l’autre, comme une vengeance d’avoir trop souffert, plutôt que de traverser sa propre déchirure. L’égo souhaite cela non pas parce qu’il est foncièrement malveillant mais parce que sa douleur est trop intense, parce que sa souffrance est énorme, parce qu’elle est insupportable. Si l’égo reste piégé dans ce labyrinthe où la seule issue pour conserver son intégrité est de vouloir ‘se venger’ sur autrui d’avoir si mal, il devient le ferment de sa propre division interne. Ce levier systématique des forces retardataires sur l’émotivité de l’individu qui s’opère par l’entremise de cette petite voix est un réflexe involutif qui fait croire à l’individu que cette division vient adoucir sa souffrance. Il plonge l’égo dans la croyance la plus mensongère qui soit et qui pourrait lui faire dire : « plutôt être coupé de l’autre que de ressentir en moi l’émergence de ma souffrance originelle ». Le mensonge de cette petite voix doit être dévoilé. Absolument. Il doit être montré au grand jour, à la face de l’humanité toute entière pour libérer l’individu de cette mécanique perverse qui sévit en lui. Car souhaiter la ‘disparition’ de l’autre c’est se condamner soi-même, c’est se faire prendre dans le piège de la division perpétuelle. C’est souffrir sans fin. C’est renoncer à réhabiliter en soi l’énergie du principe de l’amour universel. C’est se couper de sa nature première.
Sandrine Vieillard
c’est cela. ca me fait penser à la parano des fumeurs de cannabis. en fait , ce n’est pas l’herbe qui crée cet état , c’est qu’elle ouvre les portes de perceptions qui dévoilent ces petits voix et les rapports hypocrites qui en découlent , dont tu parles là. pour ma part , je les ai reconnus ( on se veut bon et souffrons quand on pense mal,et donc refoulons dans des endroits sombres.. ce qui forme un cercle vicieux de souffrance car rien n’est jamais stable , c’est pourquoi il faut choisir , une fois pour toute , d’être dans la lumière ) je vois bien , à force de discernement, qu’elles ne collent pas avec mon être lumineux. elles sont mensonges en moi ,et contre moi. merci de me montrer que vous n’êtes pas moi !! et retournez d’où vous venez , dans ces vieilles mémoires poussiéreuses.. ainsi le passé rétrécit , en même temps le futur aussi , puis que l’on sort de la peur et du calcul mental , pour ne laisser que maintenant et l’intuition , l’intelligence de vie.
à noter que certains choisissent de croire à ses pensées, avec plus ou moins d’intensité,ce qui donne des gens mauvais et toxiques,car ils feront passer ces pensées avant la lumière en eux , ils en sont trop éloignés. c’est une maladie de fin de cycle de l’humanité. pas d’inquiétude , tout est juste dans l’univers !!
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