159 Le besoin irrépressible de la conscience de sortir du connu

Lorsque l’individu regarde avec acuité sa vie aller, c’est-à-dire lorsqu’il la regarde de suffisamment près pour la mettre en perspective de ce qu’il est supposé vivre dans la grandeur de son intégrité, il fait le constat implacable de la médiocrité de cette vie où les évènements qui la succèdent amènent avec eux de multiples aberrations face auxquelles l’égo se plie en vivant tout le spectre d’une émotivité psychologique qui le conduit à diffracter ses énergies pré-personnelles. Ainsi, la succession des petits bonheurs et des petits malheurs voire des grands bonheurs et des grands malheurs, vient dessiner les montagnes russes de son état interne auquel il finit par être complètement assujettit à défaut de savoir qu’il peut, par sa conscience, en dénoncer le bien-fondé sur les plans invisibles. Cette aptitude que l’individu se donne de regarder aller sa vie et de lever la tête pour statuer sur les plans que les évènements qui lui sont présentés ne sont pas à la hauteur de qui il est, devient la marque de sa capacité à s’extirper de la prison de ses états psychologiques internes dont la couleur toujours changeante est une réponse mécanique donnée à la succession des interférences ou des oppositions qui s’actualisent dans les évènements qu’il vit. Sortir de cette automatisation de ses réponses affectives vis-à-vis de ce qui le réduit à se dévaluer, à dévaluer l’événement ou à dévaluer autrui est une façon pour l’individu de gagner une liberté intérieure qui lui permet d’avoir un regard objectif sur l’aberration de l’existence telle qu’elle se manifeste dans ses cycles involutifs tout en maintenant en lui la vision d’un idéal de perfection de ce qu’une vie doit être à l’échelle de sa conscience. Être capable de sortir de sa prison affective et de maintenir dans le même temps sa vision de la vie devient pour l’individu une assise pour sa conscience dont l’aspiration profonde et radicale est de sortir du connu pour commencer à créer les paramètres d’une vie où elle devient, par les principes d’intelligence, de volonté et d’amour qu’elle concentre, l’autorité individuée et incarnée de sa paix intérieure.

Sandrine Vieillard

Publié par svieilla

Je m'intéresse à la psyché humaine à la frontière du visible et de l'invisible. J'ai quitté en septembre 2022 mon poste de professeure de psychologie cognitive à l'université Paris Nanterre pour développer une approche de la conscience humaine en dehors des cadres académiques qui me sont apparus en phase d’effondrement. Depuis 2020, je me suis formée à différentes pratiques de soin et d'accompagnement dont certaines sont présentées sur ce site. Dans le même temps s'est dessinée l'obligation de percevoir et de comprendre qu'une nouvelle psychologie devait être déployée (comme beaucoup d'autres champs d'exploration dans l'humanité) au service de l'expansion des consciences humaines et qu'un vaste champ de savoir était à arracher à l'invisible pour en faire une science et non une croyance. Le but étant d'aller à la rencontre de ce qui est réel en chacun de nous. Ce site décrit par ailleurs les soins que je propose dans le cadre de mon activité identifiée sous le n° Siret 902 918 168 000 11.

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