104 Aux tréfonds de lui-même, l’individu peut, à certains moments de sa vie, sentir une colonne abyssale…

Aux tréfonds de lui-même, l’individu peut, à certains moments de sa vie, sentir une colonne abyssale dont il n’ose s’approcher et qui lui fait vivre un sentiment ténu intime, connu depuis toujours, le ramenant plus ou moins intensément à une sorte de désespoir profond dont les formes multiples comme celles de se sentir abandonné, rejeté, ou isolé peuvent se superposer l’une l’autre et le maintenir en tenaille. À ce contact, l’individu réagit la plupart du temps spontanément par la fuite psychologique que représentent les formes de réconfort trouvées au contact d’autrui, dans diverses activités sociales professionnelles ou culturelles, ou encore dans diverses addictions plus ou moins fortes permettant de trouver le soulagement par un mouvement d’échappatoire que l’individu reconnait comme étant son seul salut pour s’extirper de ce malaise profond agissant en lui. Ce mouvement spontané de fuite peut pour certain, un jour, devenir inopérant et pousser l’individu à vivre le malaise qui le tire vers les abysses à un tel degré qu’il peut alors faire l’expérience de formes variées de dépression et/ou d’angoisse. Ne sachant pas de quoi est synonyme ce malaise en lui, n’en comprenant ni l’origine fondamentale ni la nature, l’individu fait appel à des ressources extérieures à lui pour juguler son mal se maintenant dans la dépendance de formes externes de rationalisation et de prise en charge de son mal être, qui en d’autres temps a été qualifié de mal à l’âme. Cette appellation a cela d’intéressant qu’elle permet de revenir à la source de ce désespoir profond qui est la déchirure première que l’âme a ressentie lors de sa descente dans la densité de la matière. De cet arrachement à sa perfection première pour faire l’expérience de la vie planétaire dans un corps physique limité, l’âme a vécu toutes les formes possibles de désespérance liées à l’abandon, le rejet ou encore l’isolement. Lorsque l’égo devient scient de l’origine de son mal être intérieur, il peut alors aller voir plus près, sans avoir peur de pénétrer dans la colonne abyssale de son désespoir afin de rétablir par sa propre parole, la quintessence et la perfection de son origine et laisser infuser en lui cette qualité originelle qu’il avait totalement oubliée.

Sandrine Vieillard

Publié par svieilla

Je m'intéresse à la psyché humaine à la frontière du visible et de l'invisible. J'ai quitté en septembre 2022 mon poste de professeure de psychologie cognitive à l'université Paris Nanterre pour développer une approche de la conscience humaine en dehors des cadres académiques qui me sont apparus en phase d’effondrement. Depuis 2020, je me suis formée à différentes pratiques de soin et d'accompagnement dont certaines sont présentées sur ce site. Dans le même temps s'est dessinée l'obligation de percevoir et de comprendre qu'une nouvelle psychologie devait être déployée (comme beaucoup d'autres champs d'exploration dans l'humanité) au service de l'expansion des consciences humaines et qu'un vaste champ de savoir était à arracher à l'invisible pour en faire une science et non une croyance. Le but étant d'aller à la rencontre de ce qui est réel en chacun de nous. Ce site décrit par ailleurs les soins que je propose dans le cadre de mon activité identifiée sous le n° Siret 902 918 168 000 11.

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