Parmi les aberrations face auxquelles l’égo est confronté, il y a un registre de situations qui lui fait vivre le constat que les formes qu’il traverse appartiennent à des prémisses du passé où la médiocrité a constitué et constitue encore une part majeure de son expérience. L’égo conscient observe que ces formes médiocres ont coloré tous les paramètres de sa vie comme un rappel insistant que dans son rapport à la matière rien ne peut être parfait. Cela le place régulièrement dans l’insatisfaction de lui-même et dans l’impression, devenue une croyance, d’une impossibilité à déployer sa vision de perfection, d’harmonie et de beauté. Comme un conditionnement opérant depuis des millénaires et dont l’effet sur sa psyché est de lui faire croire que cette réalité médiocre est normale, acceptable et constitutive de son incarnation. Une sorte de fatalité. Ce qui conditionne encore aujourd’hui son incarnation appartient au registre des lois de la gravité et du jeu des forces descendantes qui s’exercent partout sur le globe et qui entretiennent ce sentiment de fatalité. Plus l’égo grandit en conscience, plus il prend la mesure de l’immense décalage qui existe entre sa vision de perfection construite à partir de sa sensibilité grandissante, et les orchestrations que son esprit détermine pour le placer encore et toujours devant la pression des forces retardataires. Cette pression est extrêmement puissante actuellement et l’égo n’a pas d’autre choix que de se sortir de tout sentiment de victimisation, de repli, de renoncement, d’apathie, de martyr, de découragement, d’impuissance ou de petitesse. Il doit comprendre que l’opposition est plus que jamais un tremplin pour lui permettre de percer encore plus loin le plafond de ce qui l’inféode à une condition terrestre qui n’a jamais été à la mesure de sa nature solaire. Et pour que son incarnation soit à la mesure de cette réalité, l’égo doit faire descendre en bas ce qui est en haut. C’est son travail ultime dans la dynamique évolutive de l’humanité. Son rapport à l’invisible devient le premier vecteur à partir duquel il commence à faire bouger les lignes en commençant par les lignes psychiques qui lui font croire qu’il n’y arrivera pas. Il doit réaliser que son principe de Volonté n’a pas de limite et que c’est cette force qui l’amène toujours plus loin dans la définition et l’actualisation de qui il est réellement. Il comprend dans le même temps qu’il est amené à tout réinventer et que rien ne tombera du ciel sans qu’il fasse ce travail psychique d’aller arracher ce qui lui permet de construire son intégrité. Scient de cette dynamique, l’ego cesse définitivement de se sentir victime de la forme aussi médiocre soit-elle car il comprend la pression qui s’exerce sur lui et il en fait la matière première de son évolution. Il comprend que la médiocrité qui veut s’imposer à lui est l’ultime tentative de le maintenir dans un statut d’inféodation face aux lois de l’invisible qui régissent sa matière. Il sait que derrière cette pression il y a une énergie qu’il doit aller récupérer et que cette énergie c’est son savoir pré-personnel. C’est lui dans sa nature réelle ! Le sachant, il n’a de cesse de s’organiser pour ouvrir les portes qui se présentent à lui comme étant fermées parce qu’il a compris que ce qui les maintient fermées, c’est le jeu toujours plus pervers des forces descendantes qui mettent à l’épreuve son principe de Volonté et son discernement face à leur jeu désespéré pour maintenir les lois d’involution.
Sandrine Vieillard