Dans la construction de son double éthérique, l’égo apprend à bâtir son assise identitaire sur les plans invisibles pour stopper la manipulation que ces plans exercent à défaut sur sa psyché. Il apprend à voir le jeu des orchestrations évènementielles qui l’ont jusqu’alors piégé dans un rapport psychologique à la vie. Il commence à se savoir et à poser les bases d’une nouvelle autorité qui lui permet de ne plus se laisser influencer par les lois d’impression qui visent à le placer systématiquement en porte à faux vis-à-vis de lui-même et vis-à-vis des autres et par conséquent de se vivre comme étant petit face à la vie. Cette prise d’autorité sur les plans est une étape importante pour l’ego qui peut alors accéder à une compréhension claire des lois des plans subtils qui se sont imposées à lui lorsqu’il était ignorant et dont il décode enfin la systémique pour cesser d’être assujetti à elles. Après ce processus de construction identitaire, vient le temps où l’égo, dans sa conscience renouvelée, fait l’expérience d’un nouveau rapport à l’autre en sachant qu’il ne peut plus s’engager dans une interprétation psychologique de ce qu’il vit en lien avec autrui. Comprenant cela, il est mis face à sa propre conscience et plus fondamentalement à sa propre capacité à comprendre qu’une fois qu’il a fait le ménage dans son mental vis-à-vis de ce qui, sur les plans invisibles, encombrait sa psyché pour le plonger dans un rapport mensonger à l’existence, il est conduit à reconnaître que l’être humain en face de lui partage exactement la même nature que celle qu’il découvre en lui-même. Dit autrement, il est mis face à la nécessite de cesser de donner une valeur de suprématie à la façon dont il gère son rapport à l’invisible pour comprendre que son propre processus d’évolution passe par l’obligation de reconnaître que l’être humain devant lui est plus important que les esprits du plan surmental qui n’ont aucune notion de ce que cela signifie d’être incarné sur terre. En comprenant cela, l’égo peut alors se positionner dans sa conscience pour construire jour après jour les conditions d’un respect intégral de qui est l’autre sans jamais se laisser jouer dans sa psyché par les lois d’impression qui voudraient le mettre à défaut dans son rapport à autrui. Il nourrit l’intelligence qu’il a de lui-même en se respectant intégralement tout en s’engageant dans un rapport à l’autre avec la volonté d’apprendre à voir sa sensibilité et sa souffrance pour toucher à son réel. Pour toucher à la sensibilité de l’autre, l’égo n’a pas d’autre choix que de toucher à la sienne propre. Cela l’engage à épurer les mémoires involutives qui font vibrer dans ses corps d’autres formes de réactivités psychologiques témoignant de sa propre souffrance de ne pas avoir été au fond de sa sensibilité brimée qui le place dans sa plus grande vulnérabilité. En accédant à la dimension universelle de l’être humain par sa capacité à contacter sa propre souffrance, l’égo fait ce qui n’a jamais été fait dans l’histoire de l’humanité. Il développe la compréhension ultime que le rapport à l’autre est le seul espace où il peut pour la première fois de sa vie se montrer vulnérable sans se sentir menacé car il sait, pour en avoir fait l’expérience intime et absolue, qu’en traversant sa déchirure sans se réfléchir, il a pu pour la première fois traverser le mémoriel traumatique de la fragmentation de son intégrité liée à sa chute dans la matière sans se morceler. Il devient par cette expérience intègre devant lui-même et devant l’autre. Non seulement il se sait mais peut aimer l’être humain dans la réalité de son incarnation terrestre.
Sandrine Vieillard