Dans son initiation solaire, l’ego vit des évènements dont les formes sont parfaitement calibrées à sa programmation psychique pour faire vibrer en lui des charges mémorielles traumatiques cristallisées dans ses corps au fil de ses incarnations. Ce processus de mise en vibration s’effectue au long court pour atteindre les territoires extrêmement fins des mémoires enfouies dans les corps de l’ego et vis-à-vis desquelles il demeure identifié aussi longtemps que la forme ne vient pas lui créer une tension pour que la matière polarisée de ce mémoriel accède à sa conscience. Ce jeu de la forme sur le mental et les corps de l’ego doit être compris comme un processus de décoffrage continu dont la progression vise à aller toujours plus en subtilité dans les couches mémorielles qui voilent le réel en lui. Dans ce jeu, l’ego est conduit à faire une gestion de l’évènement visant à sortir de sa subjectivité émotive pour dépolariser la forme évènementielle qu’il traverse. Cette sortie s’effectue lorsque l’ego devient capable de ne pas se laisser embarquer par le déchaînement des pensées et des impressions qui nourrissent le processus réflexif de son mental, et lorsqu’il devient apte à absorber à la fois psychiquement et physiquement l’énergie qui émane de la charge polarisée de la forme. Ce faisant, l’ego cesse de réfléchir la polarité de l’évènement et commence à travailler directement avec l’énergie pour la contenir. Il sort du réflexe psychologique qui le place à la surface des évènements pour le maintenir dans un état victimaire où il sent que sa sensibilité est brimée tout en vivant la frustration extrême de ne pas savoir comment faire pour s’extirper de cet état. Lorsque l’ego nourrit un sentiment d’impuissance issu de la frustration qu’il ressent, il est placé dans les vestiges de toutes les mémoires où il a pu vivre cette impuissance. Dit autrement, lorsque les évènements sont orchestrés pour faire vivre à l’ego un sentiment d’impuissance, l’esprit appuie sur la touche « replay » pour rejouer en lui le mémoriel de ce même sentiment d’impuissance. Toute l’architecture du système nerveux, des corps énergétiques et de la forme évènementielle que l’ego traverse coïncident alors pour qu’il s’identifie une énième fois à cet état d’impuissance. Sauf s’il comprend que ce jeu qui se rejoue en lui en boucle doit un jour prendre fin pour passer à un niveau de conscience supérieur. Car aussi longtemps que l’ego demeure collé à la croyance que cet état le définit, il est floué par les plans invisibles qui utilisent ce barrage psychologique pour le maintenir dans un rapport d’inféodation vis-à-vis de l’énergie de son savoir pré-personnel qu’il ne parvient pas à contenir. S’il ne parvient pas à contenir son énergie pré-personnelle, c’est parce que ce sentiment endémique d’impuissance qui s’impose à lui représente une charge énergétique trop lourde à absorber. Pourtant, celle-ci n’a pas vocation à le demeurer éternellement car plus l’ego est instruit des mécanismes psychiques sous-jacents au barrage qu’il vit intérieurement, plus il est en mesure de se trouver progressivement une voie de passage pour expérimenter un nouveau rapport au mémoriel qui jusqu’à présent l’a maintenu dans une vision mensongère de lui-même et du monde. En comprenant parfaitement la mécanique énergétique des charges mémorielles qui pèse sur lui, l’ego sort de l’état initial d’impuissance de ne pas savoir comment faire face à ces charges. Il entre alors dans une boucle vertueuse d’expansion psychique qui lui permet de travailler à la contenance de ses corps et de son mental supérieur. Il entrevoit l’issue dont il a toujours eu besoin pour se déployer dans ce monde.
Sandrine Vieillard