300 Les arcanes de la déchirure

Ce que vit la femme lorsqu’elle traverse la souffrance abyssale de perdre l’amour auquel elle aspire est un trauma d’abandon prenant racine dans le destin du principe Yin (principe féminin) qui se voit séparé du principe Yang (principe masculin) par le mouvement de manifestation qui pousse ce dernier à explorer d’autres horizons pour se connaître. Cette rupture engendre la souffrance de la femme qui expérimente la perte et le profond sentiment d’abandon et de dévaluation. Elle engendre également la souffrance de l’homme qui perd à son tour la femme le rejetant du fait de s’être sentie définitivement coupée de lui. Cette division originelle stoppe la libre circulation énergétique que la femme reçoit naturellement de l’homme dans ses corps. Coupée du principe émetteur, la femme fait l’expérience du vide car elle n’a plus rien à recevoir. Elle est mise en suspension dans les éthers et peut se disloquer psychiquement dans la dévaluation d’elle-même. La douleur terrible de perdre la sphère qui l’unit au principe Yang place la femme dans une souffrance telle qu’elle peut perdre l’intelligence de ce qu’elle doit réunifier en elle par les moyens de sa conscience pour cesser de rejouer à l’infini cette souffrance des origines qui la touche elle ainsi que l’homme. Le trauma de la destinée du principe Yang quant à lui prend racine dans son élan de manifestation qui le pousse à vouloir s’expandre en dehors de sa sphère initiale qui l’unissait au principe Yin. Par son mouvement de manifestation, le principe Yang a vocation à se séparer de sa moitié Yin afin de se connaître dans l’énergie qu’il déploie pour transformer la matière dense du plan terrestre. En s’identifiant à ce principe de manifestation, l’homme s’est graduellement coupé de l’essence Yin de sa nature androgyne tout en gardant enfoui en lui la mémoire traumatique d’en être séparé. Cette mémoire déclenche l’immense désarroi et la grande colère d’avoir eu un prix à payer au fait d’actualiser son mouvement d’expansion. De cette expérience traumatique l’homme a hérité d’un sentiment de pénitence qui le réduit et le brûle à petit feu. Dans un cas comme dans l’autre, la femme et l’homme ont tous deux vécus l’état d’être déchu de leur nature première. De leur souffrance mutuelle mais différenciée, la femme comme l’homme sont amenés à apprendre d’eux-mêmes et à comprendre leur propre essence. Ils sont conduits à cesser de croire d’une part que la femme est « abandonnable » et d’autre part que l’homme est « abandonnique ». Ils sont amenés à se défaire de toutes les charges karmiques que leur rupture première a fait peser sur leur conscience pour réhabiliter en eux les principes de volonté, d’intelligence et d’amour à partir desquels ils peuvent restaurer au plan psychique leur nature androgyne. Devenus autonomes, libres et conscients d’eux-mêmes, la femme et l’homme peuvent alors construire dans la matière les prémisses d’un nouvel amour qui ne souffre plus d’aucune déchirure car le voile est définitivement levé sur ce qui a crée tant de souffrance et de séparation.

Sandrine Vieillard


Publié par svieilla

Je m'intéresse à la psyché humaine à la frontière du visible et de l'invisible. J'ai quitté en septembre 2022 mon poste de professeure de psychologie cognitive à l'université Paris Nanterre pour développer une approche de la conscience humaine en dehors des cadres académiques qui me sont apparus en phase d’effondrement. Depuis 2020, je me suis formée à différentes pratiques de soin et d'accompagnement dont certaines sont présentées sur ce site. Dans le même temps s'est dessinée l'obligation de percevoir et de comprendre qu'une nouvelle psychologie devait être déployée (comme beaucoup d'autres champs d'exploration dans l'humanité) au service de l'expansion des consciences humaines et qu'un vaste champ de savoir était à arracher à l'invisible pour en faire une science et non une croyance. Le but étant d'aller à la rencontre de ce qui est réel en chacun de nous. Ce site décrit par ailleurs les soins que je propose dans le cadre de mon activité identifiée sous le n° Siret 902 918 168 000 11.

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