299 Le poids du passé

Lorsque les traumatismes du passé pèsent sur la psyché de l’ego, celui-ci est soumis  à un état d’inertie qui le maintient en dehors du réel de sa conscience. Il est ainsi ramené sur des lignes de temps qui tournent en boucle et l’emprisonnent dans un sentiment de lui-même qui se fige au fur et à mesure que la boucle se ferme sur elle-même. Cette boucle fonctionne comme un vortex qui aspire toute l’énergie de la psyché de l’égo pour la condenser en un point fixe. Ce faisant, cette énergie se cristallise et vient se densifier dans la matière de son corps pour renforcer les circuits cérébraux qui relaient les mêmes impressions traumatiques du passé. L’ego qui ignore cette mécanique se laisse absorber par elle sans savoir qu’il peut agir dessus. Il continue à s’éloigner de lui-même tout en croyant que le ressassement des évènements du passé le constitue. En fonctionnant ainsi, il se fait mourrir tout en croyant être en vie. Il génère sa propre illusion d’exister à travers le prisme des évènements du passé qui ont jalonné son expérience de vie et qu’il érige comme pilier identitaire. Cette identification à son passé fait de l’égo un être psychiquement mort qui se nourrit de la répétition et s’inscrit dans la fixité du même. Dans cette inertie, l’égo meurt et se rassure tout à la fois. Plus il se fige, plus il sent le poids du passé peser sur lui telle une obligation. Cette obligation, l’égo l’a toujours vécue car il s’est systématiquement senti intimement responsable des formes évènementielles qu’il a traversées. Il en a porté la charge et continue à en porter la charge dans l’ignorance profonde que la totalité des évènements qu’il a vécu par le passé a été précisément agencée par son esprit pour éprouver sa sensibilité et lui faire vivre toute la diversité des aberrations de la vie terrestre afin, à terme, d’en sortir. Quand il comprend que sa vie peut être mise à profit pour s’extirper des schémas du passé afin de créer du neuf et se réinventer, l’égo peut établir un nouveau rapport vis-à-vis de la chape de plomb qui pèse sur son mental et qui cherche à le réduire à un passé traumatique égrenant toute l’histoire involutive de l’humanité. Il cesse alors de s’identifier aux pensées et aux impressions qui font effraction dans sa tête. Il devient capable de les appréhender pour ce qu’elles sont, à savoir des hameçons qui le tirent du côté du monde de la mort. L’ego peut alors entamer une révolution interne qui lui permet d’aller au-delà des pensées parasites qui ont toujours alimenté son mental inférieur, et lui permet de détruire la barrière psychique qui lui fait croire qu’au-delà de ces pensées, c’est le néant. Ne plus prendre la charge du poids du passé équivaut pour l’égo à dépasser cette croyance fondée sur sa peur viscérale de perdre son identité subjective. C’est en refusant de s’identifier subjectivement aux charges mémorielles traumatiques que l’égo accède à son identité réelle, celle qu’il reconnaît quand il vibre à la tranquillité de son être intégral.

Sandrine Vieillard

Publié par svieilla

Je m'intéresse à la psyché humaine à la frontière du visible et de l'invisible. J'ai quitté en septembre 2022 mon poste de professeure de psychologie cognitive à l'université Paris Nanterre pour développer une approche de la conscience humaine en dehors des cadres académiques qui me sont apparus en phase d’effondrement. Depuis 2020, je me suis formée à différentes pratiques de soin et d'accompagnement dont certaines sont présentées sur ce site. Dans le même temps s'est dessinée l'obligation de percevoir et de comprendre qu'une nouvelle psychologie devait être déployée (comme beaucoup d'autres champs d'exploration dans l'humanité) au service de l'expansion des consciences humaines et qu'un vaste champ de savoir était à arracher à l'invisible pour en faire une science et non une croyance. Le but étant d'aller à la rencontre de ce qui est réel en chacun de nous. Ce site décrit par ailleurs les soins que je propose dans le cadre de mon activité identifiée sous le n° Siret 902 918 168 000 11.

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