Chaque fois que l’ego ressent une tension, il vit un phénomène énergétique dans ses corps qui correspond au barrage de la libre circulation de son énergie pré-personnelle en lui. Ce phénomène purement énergétique qui est un blocage produit par la multitude de couches mémorielles cristallisées dans ses corps n’est pas connu de l’ego. Ignorant ce processus, l’ego qui vit une tension en fait une interprétation psychologique et polarise son expérience à partir de la forme événementielle qu’il identifie comme étant la cause de sa tension. L’ego ne fait pas de séparation entre sa tension et la forme. Il les assimile dans une logique de cause à effet qui est soutenue par la rationalisation de son mental inférieur car l’ego croit que les lois matérielles de cause à effet sont celles qui régissent sa psyché. Cette croyance le maintient dans une prison psychique à partir de laquelle l’ego colle à la forme et incrimine tout ce qui dans cette forme s’est présenté pour lui faire vivre une tension. Plus la tension est forte, c’est-à-dire plus l’énergie qui pénètre dans ses corps se heurte au barrage de ce qui y est cristallisé parce que la quantité d’énergie est trop grande, plus l’égo ressent le besoin de décharger sa tension vers l’extérieur ou contre lui-même. Il ne peut pas la contenir, c’est plus fort que lui ; ça le déborde. Certains égos passent beaucoup de temps à incriminer les autres, à incriminer les situations, les contextes et la vie en générale. D’autres passent leur vie à se brûler intérieurement à force de s’en vouloir de traverser des évènements qui les mettent en porte à faux. Dans tous les cas, l’ego ne parvient pas à faire une gestion parfaite de la tension qu’il ressent parce qu’il ignore d’où elle vient. Il n’en connaît pas la nature et se voit réduit à y réagir de façon archaïque. Il diffracte l’énergie qu’il ne parvient pas à contenir en blâmant autrui, en se sentant victime de la vie ou en se dévaluant. Pour trouver une issue à la diffraction, l’ego est amené à comprendre que les formes qu’il vit sont parfaitement calibrées et orchestrées par son esprit pour lui faire vivre des tensions mais que ces formes ne sont jamais la cause originelle de ses tensions. Il est amené à comprendre que les formes viennent simplement rejouer dans ses corps les vibrations des conditionnements involutifs de l’humanité qui font barrage à la libre circulation de son savoir pré-personnel. Lorsque l’ego accède à cette compréhension, il fait un pas de géant car il peut aller au delà de la forme pour donner un nouvel éclairage à sa vie en cessant d’incriminer l’autre, d’incriminer la vie ou encore de s’en vouloir. Il cesse d’adopter un mode réactionnel archaïque qui le ramène à une imperfection qui le fait souffrir. L’ego va chercher la résolution de sa tension dans sa nature même en apprenant à en faire une gestion totalement nouvelle. Cette nouvelle manière de gérer ses tensions repose sur la compréhension que tout ce qu’il vit est le fruit d’une orchestration des évènements organisée par son esprit pour l’obliger à entrer en communication avec lui par l’exploitation de l’énergie qui pénètre dans ses corps. Quand l’ego comprend et accepte que ses tensions sont l’expression d’une descente d’énergie qui vient brûler le mémoriel en lui en vue de le préparer à la transmutation de ses corps pour une fusion avec son esprit, il peut trouver une issue à la diffraction car il comprend que c’est en cessant de perdre son énergie qu’il peut réhabiliter en lui une perfection perdue. Perfection dont il s’est jusqu’alors senti coupé, et qui l’a conduit à banaliser les conditions d’une vie ou il souffre et fait souffrir. Un tel rapport à la vie réduit l’ego à se vivre comme un être indigne souffrant de son manque d’intégrité. Cela génère en lui un sentiment d’illégitimité plus ou moins vif venant pervertir son incarnation. Ce vécu très subtil s’infiltre dans la totalité de l’expérience de l’ego si celui-ci n’y met pas un terme. Lorsque l’ego saisit que la construction de son intégrité passe par la récupération de l’énergie de l’esprit dans ses corps, il envisage la vie d’une toute autre façon. Il comprend son corps d’une autre façon et commence à faire une gestion intelligente de ses tensions en renvoyant à son esprit, par le moyen d’un rapport de force vibratoire, la charge qu’il reçoit pour établir un canal de communication avec lui et réhabiliter son identité réelle. Cette réhabilitation oblige l’ego à contenir toujours plus d’énergie car il ne la perd plus par la diffraction. Cette contenance de plus en plus grande d’énergie signe la réhabilitation progressive de son savoir pré-personnel. Chaque tension vécue devient alors pour l’ego une marche d’escalier à gravir pour déconditionner son système nerveux et assainir son rapport à lui-même et à autrui. Chaque tension vécue permet à l’ego de dévoiler un peu plus l’occulte de la vie pour s’en saisir afin de brûler dans sa psyché et dans ses corps la masse de pollution l’affectant à un statut de sous-Homme.
Sandrine Vieillard