Lorsque l’ego vibre dans son corps émotif aux évènements de sa vie qui lui présentent des formes auxquelles il réagit, il vit une programmation qui met en correspondance les paramètres de la polarité des formes de son existence avec les paramètres du mémoriel de l’humanité cristallisé dans ses cellules. La façon singulière de vibrer psychiquement et corporellement aux évènements orchestrés par son esprit place l’ego dans un rapport à lui-même et aux autres qui, à la longue, à force de vivre les mêmes schémas de réactions psychologiques, l’amène à reconnaître que ce qui vibre en lui est la manifestation d’une prison interne faite de l’accumulation d’une mémoire de l’humanité involutive. La nature involutive de ce mémoriel renvoie à la condition d’être face à des oppositions et à des souffrances que l’ego ne parvient pas à gérer parce qu’il perd son énergie dans le blâme ou la victimisation. Elle renvoie à la condition de l’ego de ne pas se savoir et de subir une existence entravée par un sentiment d’impuissance récurrent tout en ressentant un besoin d’unité qui n’est jamais assouvi. Cette polarisation psychologique que l’ego adopte par défaut lui sert à interpréter la vie plutôt que de la comprendre. Tant que l’ego ne comprend pas la vie. Tant qu’il ne comprend pas ce qu’il vit. Tant qu’il se sent pris dans le mouvement d’une existence dont il subit les affres, il demeure petit, impuissant et désuni. Il souffre en étant aveugle et souffre de son aveuglement. Lorsqu’il commence à comprendre que tout dans l’univers est programmé au service d’un mouvement évolutif de la conscience pour que cette dernière puisse manifester dans la matière les qualités de son perfectionnement, l’ego peut alors s’étudier. Il s’étudie pour savoir qui il est dans cet univers. Il s’étudie pour lever les voiles qui le restreignent à une fausse identité de lui-même. Il s’étudie pour cesser d’être inféodé à une existence qu’il ne comprend pas. Il s’étudie pour trouver une liberté qu’il recherche depuis toujours sans savoir comment s’en saisir. Il entre ainsi dans l’étude de sa propre programmation. L’ego qui prend connaissance de la programmation de sa psyché comprend la manière dont sa vie est orchestrée pour l’amener à décoffrer la fausse personnalité qu’il s’est construite à partir des conditionnements involutifs qu’il a toujours connus jusqu’alors. Il comprend les règles du jeu évolutif et peut alors commencer à jouer en conscience. Il cesse d’être ignorant. Il cesse dans le même temps de se sentir victime de la vie. Il cesse tout bonnement de perdre de l’énergie, c’est-à-dire qu’il cesse de diffracter son énergie vitale dont la perte le fait vieillir prématurément et l’enferme dans une fixité de lui-même. L’ego devient scient de lui-même et de son mouvement propre d’évolution. Il détient les outils psychiques nécessaires pour traverser les évènements de sa vie de telle manière à en comprendre parfaitement l’occulte. C’est-à-dire à comprendre et à lever tout ce qui vient magnétiser sa psyché et ses corps pour le restreindre dans sa conscience. Ce faisant, l’ego ne se vit plus dans un corps vibrant et impuissant face à tout ce qui serait susceptible de l’ébranler en réaction à une forme polarisée, qu’elle soit positive ou négative. Il commence à savoir se définir vis-à-vis de ce qui n’est pas réel. Il fait le tri des pensées dans sa psyché. Il ne se laisse plus influencer aveuglement par des impressions internes qui le magnétisent, il se sert de sa programmation comme levier évolutif pour se construire une conscience intégrale.
Sandrine Vieillard