273 Définir ce qui s’est toujours fait passer pour indéfinissable

Dans sa vie psychique, l’ego est mis face à une multiplicité de perceptions qu’il ne comprend pas toujours et qui instille en lui des sensations et des sentiments en lien avec lui-même dont il s’attribue toute la charge, c’est-à-dire toute la responsabilité, parce qu’il pense qu’il en est l’unique instigateur. Cet état fait de l’ego un être qui expérimente des vécus dont il ne comprend ni l’origine ni la nature, mais qu’il continue à envisager comme étant le fruit de ce qu’il est. Le spectre de ce que l’ego vit intérieurement est suffisamment large et changeant pour que l’ego se voit aller d’un point à un autre de ce spectre avec cette impression que cela le définit alors que lorsqu’il y regarde de plus près, il s’aperçoit qu’il n’est jamais décisionnaire de l’endroit du spectre où il se situe. Il est continuellement baladé par les impressions qui l’assaillent et viennent modeler ses ressentis quand il est face à lui-même ou face à autrui. À force d’être baladé de la sorte, l’ego parvient à comprendre qu’il subit des états internes qui sont soutenus par une mécanique psychologique bien huilée l’amenant à se réfléchir et à générer des arguments et des contre arguments pour comprendre vainement ce qui lui arrive mais qui au final ne lui permettent jamais d’atteindre une paix et une clarté psychique à la mesure de son aspiration à être bien dans sa vie. L’ego commence à sentir que l’assujettissement de sa conscience face à ce qui se passe dans sa tête n’est pas normal. Il ressent des limitations internes. Il manque d’air. Il se sent encombré psychiquement. Il peut même finir par se sentir impuissant face à ce qui l’encombre car il n’entrevoit nulle possibilité de cesser de générer sa propre prison interne du fait de sa tendance à donner une valeur à la surenchère de pensées qui lui viennent et qu’il croit utiles pour démêler rationnellement les raisons de ses états qui changent d’un jour à l’autre. L’ego vit cette prison interne car il se piège lui-même dans la boucle récursive des réflexions qui lui viennent et qu’il prend comme étant l’émanation de qui il est. Il se livre entièrement aux pensées intrusives qui envahissent son mental et croit fermement que ces pensées viennent de lui et le définissent dans ce qu’il est et dans ce qu’il vit. Il est totalement identifié à ce qui se joue dans son psychisme. Il ne parvient pas à prendre du recul et sent en lui une tension s’accroitre du fait de voir grossir la charge mentale qui résulte de ce mouvement récursif. Cette tension place l’ego dans un état vibratoire que l’on pourrait assimiler à une sorte de fébrilité psychique qui le coupe de la possibilité de s’extirper de cette magnétisation mentale par un mouvement centrique, pointu et total qui consiste à se décoller de ces parasites mentaux pour en faire des objets extérieurs à lui. Cette extirpation de l’ego vis-à-vis de ce qui l’envahit demande une force mentale soutenue par une conscience aiguë du viol psychique qui s’opère en lui. Fort de cette conscience et de cette volonté qui lui vient à force d’être mis sous tension, l’ego peut commencer à se retourner contre ce qui l’assaille. Il peut commencer à définir ce qui lui vient dans la tête sans croire à tout bout de champ que ce qui émane de son mental est réel. L’ego commence à faire le tri. Il peut au début commencer à faire le tri dans une démarche défensive et parfois même apeurée puis, avec le temps, à force de ménage interne, l’ego devient de plus en plus centré et souverain dans son mental pour confronter ce qui lui vient. Il commence à communiquer avec ce qui lui est envoyé pour édicter à partir de son centre, qui ne cesse de s’élargir, ce qui lui convient et ce qui ne lui convient pas. Il devient maître à bord. Sa maîtrise des énergies qui tentent de l’assaillir devient de plus en plus fine et lui permet de définir ce qui n’a jamais été défini avant. En définissant ce qui n’a jamais été défini avant, l’ego casse pour la première fois de sa vie l’emprise d’une nébuleuse psychique jusqu’ici demeurée innomée, indéfinissable et par conséquent inébranlable du fait que sa nature inatteignable l’ait fait passer pour une puissance ayant suprématie sur l’ego. Plus l’ego amorce un mouvement de conquête en pénétrant psychiquement ce qui se fait passer pour une puissante nébuleuse qui magnétise et instrumentalise son mental, plus il inverse la tendance. Plus il définit ce qui est mensonger en lui et plus il exerce sa volonté par le feu de son nouveau centre en expansion, plus il se libère du joug de cette nébuleuse qui faisait la pluie et le beau temps dans sa tête. Ce faisant, l’ego passe d’un statut d’être inféodé à l’astralité de son mental à un statut d’être qui prend la responsabilité de cesser de s’identifier à ce qui l’a toujours réduit. En prenant cette responsabilité de mettre de l’ordre dans sa psyché, l’ego devient apte à organiser sa vie matérielle et relationnelle en cohérence avec une énergie psychique qui vibre de moins en moins à l’histoire involutive de l’humanité.

Sandrine Vieillard

Publié par svieilla

Je m'intéresse à la psyché humaine à la frontière du visible et de l'invisible. J'ai quitté en septembre 2022 mon poste de professeure de psychologie cognitive à l'université Paris Nanterre pour développer une approche de la conscience humaine en dehors des cadres académiques qui me sont apparus en phase d’effondrement. Depuis 2020, je me suis formée à différentes pratiques de soin et d'accompagnement dont certaines sont présentées sur ce site. Dans le même temps s'est dessinée l'obligation de percevoir et de comprendre qu'une nouvelle psychologie devait être déployée (comme beaucoup d'autres champs d'exploration dans l'humanité) au service de l'expansion des consciences humaines et qu'un vaste champ de savoir était à arracher à l'invisible pour en faire une science et non une croyance. Le but étant d'aller à la rencontre de ce qui est réel en chacun de nous. Ce site décrit par ailleurs les soins que je propose dans le cadre de mon activité identifiée sous le n° Siret 902 918 168 000 11.

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