266 L’ego à l’écoute de son corps

L’ego en mutation apprend avec le temps à se rapprocher de son corps physique. Ce rapprochement n’est pas un mouvement qui répond aux préoccupations psychologiques de l’ego vis-à-vis de son apparence ou de sa santé mais plutôt un mouvement qui lui permet de se dissocier de toutes les valeurs mensongères qu’il a pu projeter sur sa propre matière afin, à terme, d’y puiser le support d’incarnation qui manifeste l’essence réelle de qui il est. Pour l’ego, ce mouvement consiste à cesser graduellement de s’identifier aux valeurs polarisées qu’il projette sur son corps et qui lui ont servi jusqu’alors d’interface dans sa relation à l’autre et à lui-même. Ces valeurs astralisées projetées sur son corps sont venues, au fil du temps, établir un système de valeurs interne sur la façon dont l’ego a bâti sa propre valeur, le piégeant potentiellement dans une forme d’adhésion à un sentiment psychologique toujours polarisé vis-à-vis de son enveloppe corporelle et de son fonctionnement. Enveloppe corporelle, ou véhicule, dont la nature astrale est d’être soumise, aussi longtemps que l’ego vibre à son astralité, aux aléas des fluctuations psychologiques, aux assauts de pathogènes et aux effets du temps. Dit autrement, aussi longtemps que l’ego se réfléchit lui-même à travers les évaluations polarisées qu’il a de son corps, il se fait prendre au piège d’une identification à son corps débouchant sur une écoute égotique dont les référentiels demeurent involutifs. C’est dans un processus de désidentification progressive que l’ego comprend que la relation qu’il a pu établir avec son corps physique a été déterminée par des formes fluctuantes d’appréciation actualisées au grès de son émotivité dont la polarité obéit à l’imposition de lois d’impression sur son mental. Plus l’ego se rapproche consciemment de son corps, plus il est en mesure de lever le voile de cette identification illusoire qui l’enferme dans une fausse impression de lui-même. Que cette impression sonne comme étant à son avantage ou à son désavantage. Car cette dernière répond toujours au besoin insécure de l’ego d’être reconnu par un regard extérieur à défaut de s’être construit une assise identitaire psychique suffisamment élargie vis-à-vis des plans invisibles pour prendre la responsabilité de son incarnation en dehors de tous les prismes involutifs qui viennent assujettir son corps à une forme évaluée à partir d’un égrégore esthétique qui s’exerce sur les consciences. L’ego comprend progressivement que cet égrégore ne reconnaît rien, ni de la beauté, ni des besoins réels d’un corps dont la nature Yin, douce, cachée, délicate, sensible a accumulé et cristallisé en elle au fil des âges les plus grands traumatismes qu’il ait été possible d’endurer dans sa condition planétaire. Aussi, le corps qui a traversé ces affres dans la plus parfaite vaillance demeure néanmoins vécu dans sa forme limitée, fragile, et périssable. Ce vécu a maintenu l’ego dans une sorte d’identification distordue à son incarnation. Il lui a fait croire, au travers des traumatismes que le corps a enduré, que son incarnation était condamnée a demeurer imparfaite. L’ego a fait de cette imperfection à la fois une identité, une réflexion et un vecteur de jugement de lui-même et d’autrui. Embourbé dans son astralité, le corps s’est vu affaibli dans son énergie vitale, exacerbant son imperfection par un processus de vieillissement apparaissant à l’ego comme la « preuve » de la grande faiblesse de l’incarnation, suscitant même potentiellement au fond de lui un dégoût d’être dans un corps. Dégoût cohabitant possiblement avec la souffrance de vivre le savoir profond qu’il n’est pas normal de vieillir, et que cette condition est une aberration de plus dans l’existence humaine. Pour l’ego en mutation, se rapprocher de son corps devient un processus de restauration qui passe par la réhabilitation totale de sa conscience, c’est-à-dire par une éradication complète de toute l’astralité qui pervertit l’énergie vitale de son corps physique. Se rapprocher de son corps devient pour l’ego une écoute permanente du sensible en lui et des besoins vitaux qui s’expriment dans sa matière pour cesser de les ignorer ou de les voiler. Cela devient un acte de résistance vis-à-vis de tout ce qui tente de maintenir l’ego dans une image imparfaite de lui-même. Cette résistance n’est pas la manifestation d’une énergie Yang aveugle à la nature Yin du corps physique. Elle est un mouvement de ré-appropriation de toute la sensibilité et de toute la beauté que ce corps est capable d’émaner à partir de la conscience qu’il a de sa totalité.

Sandrine Vieillard

Publié par svieilla

Je m'intéresse à la psyché humaine à la frontière du visible et de l'invisible. J'ai quitté en septembre 2022 mon poste de professeure de psychologie cognitive à l'université Paris Nanterre pour développer une approche de la conscience humaine en dehors des cadres académiques qui me sont apparus en phase d’effondrement. Depuis 2020, je me suis formée à différentes pratiques de soin et d'accompagnement dont certaines sont présentées sur ce site. Dans le même temps s'est dessinée l'obligation de percevoir et de comprendre qu'une nouvelle psychologie devait être déployée (comme beaucoup d'autres champs d'exploration dans l'humanité) au service de l'expansion des consciences humaines et qu'un vaste champ de savoir était à arracher à l'invisible pour en faire une science et non une croyance. Le but étant d'aller à la rencontre de ce qui est réel en chacun de nous. Ce site décrit par ailleurs les soins que je propose dans le cadre de mon activité identifiée sous le n° Siret 902 918 168 000 11.

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