264 Quand la femme renverse la détestation qu’elle a d’elle-même

Dans son évolution, la femme est longtemps demeurée celle qui, du fait de sa sensibilité Yin, a été maintenue et s’est maintenue en sourdine. Les forces Yang de manifestation qui se sont exercées sur elle ont eu préséance sur sa conscience et sur ses corps et l’ont maintenue dans un assujettissement à une vision dévoyée d’elle-même. Cette vision dévoyée s’est construite par le jeu des forces descendantes d’incarnation qui se sont densifiées dans ses corps et qui, à un degré plus important encore, se sont densifiées dans les corps des hommes représentant le pôle Yang de l’incarnation. Les forces de manifestation Yang, coupées de leur essence Yin, n’ont pu voir en la femme qu’un terrain d’exploration de leur puissance d’incarnation, quitte à en exploiter les formes à l’extrême comme s’il s’agissait d’un territoire ouvert à leur feu de conquête et de domination. Dans ce processus d’exploitation du Yin mis au service de l’expérience d’incarnation d’un Yang coupé de sa sensibilité Yin (Voir « La souffrance initiatique de l’homme »), la femme s’est retrouvée être l’objet, dans l’histoire de l’humanité, de toutes les convoitises, de toutes les manipulations, de tous les abus. Elle s’est retrouvée dans la position d’être écrasée dans sa sensibilité par une force Yang qui, dans son besoin de manifestation, est demeurée aveugle à sa nature. Par cet écrasement, la femme a été soumise dans ses corps aux projections dévoyées qui se sont exercées sur elle. Ces projections, qui l’ont placée dans la peau de la putain ou de la maman selon les circonstances, l’ont figée dans sa manifestation. Elle s’est donc, sans le savoir, retrouvée bloquée, sans possibilité de s’actualiser dans une expression créatrice d’elle-même. Elle a au contraire endossé l’habit de celle qui, par les charges astralisées de la forme, a été réduite à être un objet de convoitise, de possession, et de décharge d’un feu Yang encore dominé par les forces descendantes. De ce fait, la beauté réelle de la femme n’a pas été vue. Ni par les hommes, ni par elle-même. Paradoxalement, la femme s’est vue réduite à faire vibrer en elle des formes astralisées pour susciter en l’homme la réponse de son corps de désirs dans le seul but d’être vue et aimée de lui. Toutefois, en apparaissant sous des traits dévoyés, la femme n’a pas pu se voir et n’a pas pu être vue dans son essence. N’étant vue ni dans sa sensibilité réelle ni dans la beauté réelle de son incarnation, la femme a fini par nourrir une détestation d’elle-même qui s’est manifestée sous la forme d’une dépossession de sa puissance d’incarnation, c’est-à-dire par une impuissance à honorer et à jouir réellement de la beauté de ses corps dans la rencontre avec l’homme. La frontière entre l’impuissance et la détestation se situant dans la dévaluation répétée d’elle-même qu’elle a expérimentée du fait de se sentir totalement tributaire des directions que pouvaient prendre les désirs astralisés et potentiellement changeants de homme. De ce fait, la femme a toujours fait l’expérience intime de ne pas parvenir à recevoir l’homme sans que quelque part en elle, émerge de manière sournoise, diffuse ou silencieuse la blessure d’avoir été violentée, délaissée, ou trahie dans son essence. Coupée de sa capacité à recevoir pleinement l’énergie Yang de l’homme sans se sentir à un endroit ou à un autre menacée, la femme s’est consumée dans un Yin meurtri qui l’a fait vieillir prématurément. Cela a rajouté à la dévaluation de fond qu’elle ressent dans son incarnation et a créé les conditions pour la piéger dans une vision d’elle-même qui l’immobilise dans les éthers de sa sensibilité incomprise. Sensibilité qu’elle tend à spiritualiser pour se donner une sécurité intérieure. Prisonnière de ses éthers qui peuvent la rendre davantage inatteignable par l’homme, la femme ne parvient pas à s’incarner totalement dans sa matière pour en faire le vivier de sa sensibilité. Elle reste coincée dans l’immatérialité d’elle-même, c’est-à-dire dans une condition planétaire où son corps, lorsqu’il n’est pas objectivé au service de forces qui la dépossèdent, est mis entre parenthèse parce qu’il n’est pas reconnu dans son essence. Pour casser cette condition, la femme doit devenir consciente de cette mécanique initiée par des forces retardataires qui s’exercent sur elle à travers l’homme afin d’utiliser sa souffrance pour la séparer de lui. Sciente de cette aberration, la femme doit s’extirper de ce mémoriel traumatique de s’être sentie mal aimée pour commencer à se définir face à tout ce qui tend à la brimer, ceci afin de faire cesser le cycle infernal de l’involution et réhabiliter dans la matière sa nature réelle. Dès cet instant, la femme se voit alors intégralement et permet à l’homme devenu conscient de lui-même de la voir. Enfin.

Sandrine Vieillard

Publié par svieilla

Je m'intéresse à la psyché humaine à la frontière du visible et de l'invisible. J'ai quitté en septembre 2022 mon poste de professeure de psychologie cognitive à l'université Paris Nanterre pour développer une approche de la conscience humaine en dehors des cadres académiques qui me sont apparus en phase d’effondrement. Depuis 2020, je me suis formée à différentes pratiques de soin et d'accompagnement dont certaines sont présentées sur ce site. Dans le même temps s'est dessinée l'obligation de percevoir et de comprendre qu'une nouvelle psychologie devait être déployée (comme beaucoup d'autres champs d'exploration dans l'humanité) au service de l'expansion des consciences humaines et qu'un vaste champ de savoir était à arracher à l'invisible pour en faire une science et non une croyance. Le but étant d'aller à la rencontre de ce qui est réel en chacun de nous. Ce site décrit par ailleurs les soins que je propose dans le cadre de mon activité identifiée sous le n° Siret 902 918 168 000 11.

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