L’ego peut connaître en lui une douleur vive qui est l’écho de ce qu’il a pu vibrer dans ses corps lorsqu’il s’est senti trahi. Cette douleur est une brisure de l’innocence. Une brisure de sa vision de perfection détruite par celle ou par celui qui lui a fait vivre cette trahison. L’ego vit un fracas de son besoin d’harmonie et se retrouve orphelin de la grandeur humaine en lui car cette trahison inscrit dans ses corps la possibilité que l’Homme soit un loup pour l’Homme. Ce vécu d’abandon traumatique place l’ego dans une impasse psychique parce qu’il voit son élan naturel d’harmonie détruit par celle ou celui là même auquel il était destiné. L’ego ne comprend pas comment une telle destruction est possible. Il vit un intense sentiment de déchirure qui instille en lui graduellement une perte de confiance en la vie car elle crée une souffrance profonde d’avoir vécu l’inacceptable. L’inacceptable étant ici de n’avoir pas fait l’expérience d’une relation réelle. Trahison après trahison, l’instillation de ces mémoires de rupture nourrit en l’ego le vivier d’une souffrance qu’il tait parce que cette dernière est communément considérée comme le prix normal à payer pour accéder à une maturité affective. Pourtant, ce qui est considéré ici comme une maturité affective construite à force de souffrances, n’est rien de moins que l’exploitation d’une totale immaturité de l’ego maintenu dans des formes expérientielles qu’il traverse sans en comprendre les rouages occultes. Dans cette ignorance, l’innocence de l’ego devient une crédulité face à ce qui vient déstabiliser et vampiriser son intégrité. C’est-à-dire ce qui vient d’une part le vider de son assise identitaire face aux plans invisibles qui organisent sa vie pour le mettre en initiation, et d’autre part le soumettre à un régime de chaînes karmiques de pardon et de culpabilité face à autrui. L’expérience du sentiment de trahison porte non seulement en elle un déficit de confiance face à la vie mais également un déficit de confiance face à soi-même et à autrui du fait de s’être fait avoir. Dans cette expérience douloureuse, l’ego croit spontanément qu’il s’est fait avoir par celle ou par celui qui lui a fait vivre cette déchirure. Il croit que le traitre est l’être humain qui l’a fait souffrir. Il ne voit pas qu’en arrière plan, la forme de la trahison est orchestrée par le jeu d’entités qui viennent chevaucher les egos pour les magnétiser dans leurs pensées, leurs affects et leurs actions de telle façon à faire vivre une blessure de trahison à l’un et une charge karmique de culpabilité à l’autre selon la structure parfaite de leur programmation respective. Il ne le voit pas et continue à souffrir dans cette ignorance et dans cette incompréhension de vivre un tel choc. Il peut pardonner, mais demeure piégé dans le jeu des chaînes karmiques tant qu’il n’a pas compris que ces souffrances programmatiques l’obligent à terme à dévoiler le jeu des plans invisibles sur son existence, non seulement pour jeter un nouveau regard sur sa vie mais aussi pour se libérer de la domination des entités sur sa psyché qui le soumettent à un plan de vie dont il doit intégrer la totalité des paramètres pour à terme s’en rendre libre. Lorsque l’ego a suffisamment souffert des aberrations qui s’orchestrent dans son existence, il peut alors amorcer le mouvement de rompre avec son émotivité fondée sur un vécu psychologique de victimisation, de petitesse et d’impuissance. Il fait cesser en lui l’écho de ces sentiments pour commencer à regarder au-delà des formes expérientielles. Il puise alors en lui le feu nécessaire pour se saisir de ce qui est réel en lui et pour débuter son ascension psychique vers un amour réel où la trahison n’existe pas, non pas par idéologie ou par principe moral, mais parce qu’elle ne peut tout bonnement plus exister du fait de la totale transparence de l’ego vis-à-vis de lui-même et vis-à-vis d’autrui. Parvenu à ce stade, l’ego réhabilite en lui l’unité perdue et restaure sa vision de perfection qu’il s’emploie à manifester sur terre dans ses relations avec les autres. Il le fait car il a cessé d’avoir peur des jeux de l’occulte qu’il est en mesure de dévoiler et dont il est capable d’absorber l’énergie pour organiser les conditions de l’harmonie dans sa vie. Il devient maître à bord.
Sandrine Vieillard