L’ego, dans sa naïveté, ne prend pas toujours la mesure de la manière dont son esprit exploite son environnement relationnel pour créer des situations qui le mettent en situation d’être victime de l’évènement. De telles situations génèrent alors en lui une forme de sentiment d’injustice ou de peur mélangée de colère qui peut très rapidement devenir une source de diffraction de son énergie pré-personnelle consistant par exemple à en vouloir à l’autre ou encore à se sentir victime de la vie. Ces deux paramètres sont souvent les modalités par lesquelles l’ego, qui ne comprend pas instantanément l’occulte de ce qu’il traverse, interprète et vit l’évènement. L’ego doit comprendre que ces situations sont orchestrées sur mesure pour, à terme, c’est-à-dire à force de mises en initiation, venir à bout de son réflexe accusatoire qui consiste à prendre comme bouc émissaire ses proches ou sa propre existence. Cette situation que l’égo peut connaître d’être de bonne foi et de se voir usurpé par un contexte relationnel est une manière de créer en lui une véritable révolte. Non pas à l’encontre des individus qui l’entourent pas plus que contre sa vie, mais plutôt à l’endroit des rouages occultes que son esprit exploite pour créer des situations qui lui mettent sans prévenir des bâtons dans les roues. Cette fonction « d’usurpateur » que l’esprit joue par rapport à l’égo est une fonction qui vise à faire monter en lui un feu insurrectionnel contre tout ce qui, à travers les formes aberrantes qui se présentent à lui, pourrait l’impressionner, l’intimider, le diminuer, le faire renoncer, lui faire croire qu’il n’y parviendra pas, ou encore lui faire penser qu’il est impuissant,… L’égo doit savoir que ce jeu régulier de l’esprit vis-à-vis de l’ego est comme un entraînement intensif et continu qui vise l’épuisement graduel de tout sentiment d’anéantissement que l’égo pourrait nourrir à l’égard des formes aberrantes de l’existence. Dit autrement, plus l’ego décèle les aberrations de la vie sans se laisser impressionner ni envahir par un état de victimisation quelconque, plus il renforce en lui un principe de volonté qui vient nourrir en lui un feu intérieur capable de le placer dans une position d’égal à égal avec son esprit afin d’énoncer l’intelligence qui doit être manifestée sur terre pour assurer cohérence et harmonie entre les individus. Plus l’égo se révolte vis-à-vis de son esprit qui joue à l’usurpateur, plus il en tire les ressources vibratoires pour assoir dans sa vie terrestre les conditions qui lui permettent de traverser les évènements sans jamais entamer son intégrité qui est le gage de sa nouvelle identité de femme ou d’homme totalement libérée des formes de l’existence. Formes qui constituent pour l’esprit les meilleures ficelles par lesquelles il domine l’égo lorsque ce dernier se croit encore inférieur à lui. Viendra un temps ou ces ficelles deviendront totalement inopérantes dans le mental de l’ego. À ce moment là, l’égo ne pourra plus d’aucune façon se laisser impressionner par les contextes qui lui seront présentés car il verra suffisamment clair sur les plans invisibles pour déjouer les manipulations occultes qui tentent de le soumettre à une fausse croyance de lui-même. Parvenu à ce stade, l’égo sera en mesure de réhabiliter son statut d’être souverain sur les plans pour cesser définitivement d’être impressionné d’une manière ou d’une autre par la vie car il la comprendra parfaitement et sera en mesure d’en dicter les nouveaux contours.
Sandrine Vieillard