Lorsque l’égo stabilise son savoir que les évènements de sa vie sont orchestrés par son double éthérique c’est-à-dire par son esprit, il commence alors à se défaire de son illusion d’avoir un libre arbitre. Il voit dans le même temps grandir en lui une volonté de plus en plus forte, poussée par l’obligation qui lui est faite, à travers la multiplication des évènements oppositionnels qu’il vit, d’entrer régulièrement en communication avec son esprit, pour vivre un processus de fusion. La volonté de l’égo, qui est la volonté de son âme, devient le nerf de la guerre de la capacité de l’égo à s’extirper de sa condition involutive. Elle est constamment éprouvée par les mises en initiation que l’égo traverse et qui touchent potentiellement tous les secteurs de sa vie. Cette volonté, qui se fait de plus en plus tranchée par la compréhension que l’égo a des évènements de sa vie, devient le principe directeur de son entrée et de la construction de son assise sur les plans invisibles. C’est à partir d’elle que, chaque fois que l’égo vit un événement oppositionnel qui lui fait vivre une émotivité, il peut faire grandir en lui sa capacité à contester les plans invisibles qui se sont jusqu’alors toujours présentés comme insaisissables et supérieurs à lui. Cette lutte qui s’actualise à partir des oppositions que l’égo vit sur le plan matériel pour défendre une vision d’harmonie de la vie sur terre est un mouvement qui change radicalement le rapport de l’égo à l’invisible. Ce changement radical met fin à tout matérialisme et à toute spiritualisation naïve du rapport que l’égo entretient avec ce que ses modalités sensorielles ne captent pas mais que sa conscience est capable d’appréhender. Le caractère jusqu’au-boutiste de l’esprit ici se traduit par la mise en étau régulière et continue de l’égo pour qu’il cesse de réagir émotivement par le blâme, la plainte ou l’accablement face à la vie et qu’il change les paramètres de son rapport au monde en confrontant la source même qui orchestre toutes les dimensions de son existence. Cette confrontation amène l’égo à faire monter en lui un feu qui pulvérise alors toutes les limites émotives et les impressions qu’il a jusqu’alors subit. Ce feu est la matière même de l’énergie qui circule entre lui et l’esprit. C’est un feu qui, en grandissant dans les corps de l’égo qui parvient à le contenir sans le diffracter, pousse graduellement l’égo à rompre les amarres avec toutes les craintes et toutes les peurs, y compris celle de la mort, qui l’ont jusqu’alors maintenu dans le périmètre de son rapport émotif et psychologique à l’existence. Le caractère jusqu’au-boutiste de l’esprit oblige l’égo à se dés-identifier de toute valeur existentielle qu’il attribue aux conditions matérielles de sa vie planétaire pour instaurer dans son incarnation un nouvel équilibre bâtit sur le savoir absolu qu’il n’est pas une conscience animalisée par les soubresauts de son système nerveux mais qu’il est un être cosmique.
Sandrine Vieillard