239 Quand le rapport à la matière devient un piège psychologique pour l’égo

Lorsque l’égo appréhende la matière dans sa dimension psychologique, c’est-à-dire comme un moyen de réassurance qui lui donne, à travers ses formes, le sentiment d’exister, ce sentiment qu’il se bâtit dans sa relation avec la forme le piège alors dans les contingences des lois de la matière mue par une relation linéaire de cause à effet. Cette prison place l’égo dans un carcan psychologique réactionnel qui l’enferme chaque jour un peu plus dans les multiples couleurs de ses ressentis à partir desquels il croit se donner une définition identitaire pour exister sur cette planète. Cette définition psychologique soumise aux lois dictées à la fois par l’impermanence et par la répétition des formes, crée dans la tête de l’égo l’incertitude et, par l’insécurité qu’elle génère, un agrippement encore plus violent à la forme. Cette situation sans issue qui maintient l’égo dans la roue de l’insatisfaction et de l’impuissance est un puissant anesthésiant qui peut le conduire à croire qu’il ne peut rien sur terre, que tout est dicté en dehors de lui, que sa condition d’être incarné se résume à devoir survivre corporellement et psychologiquement à une existence dont il redoute potentiellement le déroulement. Cet enfer terrestre que l’on appelle la vie sur terre est une aberration gigantesque à laquelle les égos se sont pliés du fait des multiples peurs enkystées dans le système nerveux par exposition répétée, au fil des vies, à ce sentiment de petitesse et d’impuissance face à une condition matérielle dense, lourde, et brutale, dont les corps physiques ont fait les frais. Cette violence endurée par les corps physiques est la violence perpétrée sur la volonté de l’âme de spiritualiser la matière. Dans son adhésion illusoire aux appréhensions enregistrées par son système nerveux, l’égo a cru à la condition limitée de son incarnation. Il a cru à la violence endurée en lui et n’a pas vu la vaillance d’une âme qui a traversé vie après vie les expériences traumatiques de l’existence que les conditions de l’involution lui ont imposées pour en extraire les contours d’une conscience qui ne peut plus se satisfaire du paradigme de vie actuel. Cette croyance à la violence endurée qui rejoue chez l’égo le sentiment profond d’être déchu, incomplet et imparfait le limite dans sa capacité à renverser son rapport à la matière. C’est en se libérant de cette croyance dont son système nerveux, dans ses multiples réactions émotives, s’est fait le relai, que l’égo réhabilitera en lui un mouvement d’expansion dont il ressent un besoin impérieux sans savoir par quel moyen s’y prendre. C’est en réhabilitant en lui la vaillance de son âme, c’est-à-dire la vaillance d’un corps physique qui contient dans ses atomes le principe cosmique de sa manifestation que l’égo cessera de se sentir brimé dans sa volonté de se libérer des limitations qu’il a toujours connu dans l’histoire involutive de l’humanité.

Sandrine Vieillard

Publié par svieilla

Je m'intéresse à la psyché humaine à la frontière du visible et de l'invisible. J'ai quitté en septembre 2022 mon poste de professeure de psychologie cognitive à l'université Paris Nanterre pour développer une approche de la conscience humaine en dehors des cadres académiques qui me sont apparus en phase d’effondrement. Depuis 2020, je me suis formée à différentes pratiques de soin et d'accompagnement dont certaines sont présentées sur ce site. Dans le même temps s'est dessinée l'obligation de percevoir et de comprendre qu'une nouvelle psychologie devait être déployée (comme beaucoup d'autres champs d'exploration dans l'humanité) au service de l'expansion des consciences humaines et qu'un vaste champ de savoir était à arracher à l'invisible pour en faire une science et non une croyance. Le but étant d'aller à la rencontre de ce qui est réel en chacun de nous. Ce site décrit par ailleurs les soins que je propose dans le cadre de mon activité identifiée sous le n° Siret 902 918 168 000 11.

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