Lorsque la sensibilité de l’homme touche à la vastitude douce et pénétrante de l’énergie Yin en lui sans qu’il soit irrépressiblement tenté de la rejeter du fait que cette énergie le place dans une fragilité que les réflexes égotiques de son conditionnement viennent contrecarrer pour éviter de contacter la déchirure qu’amène cette fragilité en lui, alors l’homme devient capable d’aimer. Il devient capable d’aimer dans sa force Yang harmonisée qui lui permet de se manifester complètement dans la matière sans brutaliser ses corps ni ceux d’autrui. Cette capacité qu’il développe dans ses intégrations lui confère la puissance et l’ouverture sensible nécessaires pour offrir à la femme le socle dont elle a besoin pour s’abandonner à un principe masculin totalement renouvelé qui ne lui prend plus rien mais lui donne tout pour qu’elle puisse se connaître dans la matière. De cette façon, la femme peut faire l’expérience de l’absolu du plaisir de son incarnation à travers la sensibilité du regard de l’homme qui la soutient et la célèbre avec toute la générosité dont il est capable dans son principe de manifestation Yang. Cette générosité devient intarissable parce que se sachant reçu, l’homme développe le savoir que la femme n’a plus peur de la bête en lui. Elle n’a plus peur de la bête en lui car l’homme en est venu à bout par sa volonté de ne plus se laisser dominer par des forces retardataires qui l’instrumentalisent pour dominer le principe féminin en lui et en dehors de lui. Ce faisant, l’homme cultive en lui la sensibilité qui permet à la femme de s’abandonner à lui de cet abandon radical qui vient pulvériser en elle les stigmates des traumas accumulés dans ses cellules à travers son expérience planétaire de femme ayant subit les conditions d’être soumise, non vue, violentée, dévaluée, ignorée, sous-estimée dans sa nature première qui lui donne la possibilité d’établir un lien permanent entre les éthers et la matière. En s’abandonnant à l’homme comme si elle n’avait jamais été blessée, la femme lui offre alors la possibilité de se découvrir dans la noblesse de sa propre force d’incarnation dorénavant mue par des principes d’intelligence et d’amour qui le propulsent dans la matière sans cesse renouvelée par sa force créatrice. Dans sa nouvelle puissance, l’homme peut alors révéler à la femme la beauté profonde et intégrale de la matière même de son être qu’il reconnaît comme étant plus éthérée. Pleine de cette énergie qui l’honore, la femme peut alors révéler à l’homme l’immensité de ce dont il est capable pour asseoir et préserver un principe d’harmonie planétaire. Cette circulation d’énergie entre l’homme et la femme devient l’un des nouveaux paramètres de l’amour sur terre.
Sandrine Vieillard