Le découragement est un voile épais jeté sur la conscience de l’égo qui instille en lui une sorte de sentiment d’isolement qui le confine en dedans de lui dans un espace d’insécurité. Cet espace d’insécurité très inconfortable, parfois abyssal dans son mouvement de siphonnage de sa tranquillité, est un espace que l’individu reconnaît. Cette reconnaissance active d’ailleurs un surcroît d’insécurité car l’ego ressent une obscurité qui semble être en lui depuis toujours sans qu’il n’en comprenne les fondements. Couplé au fait que ce phénomène d’ombrage se réactive sans prévenir, cela donne à l’ego cette sensation d’être rattrapé à son corps défendant par quelque chose de plus puissant que lui qui vient lui faire perdre les assises habituelles qu’il se donne dans sa vie quotidienne pour se sécuriser. Bien qu’il ne se le dise pas directement, l’ego sait que sa sécurité psychologique cohabite en lui avec cet espace d’insécurité auquel il se confronte régulièrement par des accès soudains, parfois brefs, parfois plus tenaces, de dépression qu’il ne comprend pas car ces accès viennent sans crier garde colorer sa psyché et le maintenir dans une angoisse sourde et très subtile qui semble lui retirer tout pouvoir de se sentir en paix. Cette condition d’être tributaire d’une ambiance interne qui vient anéantir sa légèreté, place l’égo dans une autre insécurité qui est celle de se sentir démuni face à cette zone abyssale qui se réveille en lui brutalement pour le diminuer. Face à elle, la première réaction de l’égo est de restaurer une sécurité intérieure en faisant appel aux mêmes mouvements de résolution qui consistent à trouver du réconfort dans des formes relationnelles, matérielles, culturelles ou spirituelles. Dans cette fuite psychologique, l’individu ne va jamais à la rencontre de cette zone abyssale qui se rappelle à lui comme un fantôme car il reste avec cette inquiétude de se sentir impuissant et potentiellement sans défense face à la force des impressions désagréables que cela réveille en lui. Chaque fois que l’égo ressent du découragement qui peut l’amener vers un sentiment de dépression, il doit savoir que ce découragement est la manifestation de lois d’impression puissantes qui se surimposent à son mental à un degré tel que cela réveille dans ses corps biologiques une réaction émotive qu’il ressent avec suffisamment de vivacité pour qu’il s’identifie aux sensations de son corps pour que sa conscience se fasse absorber par cette impression. Ce parfait travail de siphonnage de son énergie est organisé sur d’autres plans de conscience pour le maintenir dans une condition de fragilité psychique qui ne lui permet jamais de se sortir définitivement d’un marasme existentiel ou il se sent bien un jour et ou un autre jour il se sent mal. L’individu ne peut rien attendre du ciel ou de ses fuites psychologiques pour gagner la tranquillité intérieure qui lui est due. Il doit apprendre à mobiliser en lui un socle inébranlable de compréhension des jeux pernicieux de l’occulte sur sa psyché pour renverser tout ce qui vient créer en elle des impressions, telles que des chapes de plomb, qui viennent polluer son mental et le réduire à une condition de vie qui est bien en deçà de ce qu’il est supposé vivre en tant qu’être intégral. Personne ne le fera pour lui et c’est ce qui est magistralement beau car c’est à partir de cette condition de devoir arracher sa paix intérieure par le renversement total de tout ce qui obère sa conscience que l’individu devient maître de sa vie psychique.
Sandrine Vieillard