Le plafonnement de la conscience de l’individu est le terrain des expériences de son égo pour l’amener à vivre l’aberration qui est immanente aux croyances auxquelles il s’identifie dans la valeur qu’il attribue aux expériences qu’il traverse. De cette manière, l’égo est conduit à comprendre que son sentiment de lui-même est encore baigné d’une atmosphère, c’est-à-dire d’une couleur émotive et réflexive où le mensonge a préséance sur le réel en lui. Cette dimension expérientielle sert à l’évolution de l’égo car elle le met face aux limitations dues à ses croyances qui lui créent les conditions d’une vie où il se voit piégé par ses réactions polarisées. Cette dimension expérientielle constitue dans le même temps sa prison psychologique parce qu’elle le place toujours à un moment donné ou à un autre dans une situation de mise en initiation et de souffrance qui l’oblige à détruite en lui l’épaisse couche du mémoriel involutif qui pèse encore sur sa conscience et le maintient assujetti à de multiples forces retardataires aussi subtiles les unes que les autres. À terme, l’égo doit en arriver à s’extraire de toute valeur expérientielle pour initier un mouvement de vie fondée sur une communication d’égal à égal avec son esprit. Durant toute la période où l’égo est tributaire de l’expérience, il est réduit à une position d’inféodation vis à vis de ce qui le sécurise. Ce qui le sécurise, c’est-à-dire ce qui est connu, correspond à ce qui, dans ses corps, vibre au mémoriel involutif du plan astral qui y est cristallisé d’une manière spécifique selon sa programmation d’âme. L’égo en initiation est amené à comprendre que la dimension expérientielle de son existence vise à l’extraire de ce qui est connu. Elle vise à terme à le rendre libre de sa programmation. Pour ce faire, l’égo est conduit à exercer sans se décourager et à affiner son discernement pour se corriger lui-même et pour identifier de mieux en mieux la subtilité avec laquelle les forces retardataires s’actualisent pour tenter de s’immiscer en lui et pour tenter également de plafonner autrui. L’ego doit savoir que la perversité de ces forces se dissimule sous différentes formes, certaines plus sournoises que d’autres, lorsque par exemple elles apparaissent comme celles qui, à travers l’égo chevauché par elles, flattent, brillent, copinent avec, fascinent, magnétisent, créent une aura de mystère, ou promettent et s’émerveillent de l’objet même des promesses énoncées. Ces forces doivent être vues et dénoncées absolument. Elles doivent être abattues sur le champ par la conscience qui les voit à l’œuvre car elles constituent un piège douceâtre qui cajole et endort l’égo pour le maintenir dans un aveuglement de ce qui le domine et le manipule dans son corps de désir encore assujetti à différents degrés aux influences du plan astral, sans qu’il en prenne la mesure réelle. Le discernement que l’égo met en œuvre permet d’utiliser l’énergie de son feu pour brûler les tentatives de violation de sa psyché et lui permet également de comprendre que le plafonnement qu’il peut observer chez autrui fait partie de son expérience. À partir de cette expérience, l’égo peut dénoncer ce qui doit l’être tout en préservant une vision qui soutienne toujours l’intégrité de celle ou celui qui est en face de lui. Cette position permet à l’égo de ne pas tomber lui-même dans des formes de polarisation qui viennent l’hameçonner pour le maintenir dans un mémoriel de division et le plafonner lui-même. Cette position donne à l’égo l’envergure de conscience nécessaire pour réhabiliter des principes de vie où le mensonge cosmique n’a plus sa place.
Sandrine Vieillard