Les multiples situations relationnelles ou événementielles qui créent des tensions soudaines ou à répétition chez l’individu, sont des contextes oppositionnels parfaitement orchestrés par les plans invisibles pour pianoter sur tous les registres de son émotivité. Ces situations viennent stimuler son système nerveux et hormonal de façon à déclencher en lui des automatismes de réponses qui, s’il n’y prend pas garde par un examen minutieux de lui-même, viennent soulager la tension ressentie par la diffraction de l’énergie contenue dans cette tension. Cette diffraction d’énergie équivaut à réagir psychologiquement en dévaluant autrui, en s’auto-dépréciant ou encore en se sentant victime de l’événement. Dans tous les cas, cette diffraction est le fruit d’un processus de dilapidation de ses énergies pré-personnelles qui s’actualise par un mécanisme mental de réflexion de l’égo cherchant un mode de résolution à ses tensions internes. Le mode de résolution de l’égo involutif est fondé sur des conditionnements familiaux, sociaux et culturels utilisant comme seul et unique prisme de compréhension un rapport de cause à effet avec les contingences matérielles et relationnelles de l’existence, c’est-à-dire avec les formes que lui présente la vie. N’ayant jusqu’alors traversé ses expériences qu’à l’aune de ce paradigme linéaire de cause à effet, l’individu se mure jour après jour, mois après mois, année après année dans le périmètre étroit de ses interprétations psychologiques qui le poussent à polariser son vécu afin de se sentir exister car en dehors de ce cadre, il ne voit pas de vie psychique possible. Comme si en dehors des polarités, l’individu ne pouvait plus se rattacher à rien pour justifier son existence. Comme s’il était suspendu dans le vide. Ce sentiment diffus s’explique par son attachement viscéral à l’illusion du libre arbitre qui se construit à partir d’une grille de lecture polarisée du monde et qu’il a toujours utilisée dans sa vie comme étant l’essence même de son existence terrestre. L’individu a l’impression de faire des choix dans sa vie et croit que les impulsions mentales et affectives qui lui viennent pour s’orienter vers une option plutôt qu’une autre sont la propriété de son seul cerveau comme si ce dernier était le maître émetteur de ce qui anime son mouvement dans le monde. L’individu porte donc une immense charge karmique qui le place toujours dans une position d’avoir peur de se tromper. De ce fait, il doute en permanence de lui-même et/ou d’autrui et ne parvient jamais à se sentir en paix dans son espace psychique pour se vivre pleinement légitime dans son incarnation. En cette fin de cycle, la multiplication des tensions qui s’accumulent dans les corps physique et éthérique de l’individu vient augmenter la pression et la confusion au point de faire sauter en lui les piliers et les systèmes identitaires qui lui servaient jusqu’à présent de référentiels pour trouver une réassurance qu’il associe à ce qu’il considère comme étant un sens à sa vie. Plus la confusion grandit en dedans de lui mais aussi en dehors de lui du fait des contradictions inhérentes à tous les systèmes moraux, politiques et organisationnels de sa société, plus l’individu ressent en lui cette tension qui signe une insécurité grandissante qu’il ne sait comment juguler, sinon en s’agrippant un peu plus encore aux valeurs existentielles qu’il s’est données pour se construire une assise identitaire. Cette fausse assise identitaire est destinée, à terme, à s’effondrer pour être restructurée sur la base d’une conscience individuelle libérée de tout carcan psychologique. Cet effondrement équivaut à s’arracher graduellement au spectre des systèmes de valeur polarisés pour ne plus faire de la forme expérientielle le référentiel ultime de son rapport au monde mais plutôt de comprendre l’occulte derrière cette forme afin d’accéder à une conscience élargie des lois cosmiques qui régissent la vie sur terre.
Sandrine Vieillard