225 Le bris de cristal qui se cache derrière l’orgueil

Il arrive que l’individu vive des mouvements de repli violents lorsqu’il est mis face à des formes de l’existence qui viennent impacter sa sensibilité à un tel niveau de profondeur que la souffrance qui en résulte en lui est trop grande pour qu’elle se manifeste dans la nudité de ce qu’elle est, à savoir la résultante d’une immense blessure ayant trait à une brisure intérieure. Cette brisure est le stigmate d’un morcellement de l’intégrité première de l’être qui a été rejoué sous différentes formes, de différentes façons, à travers les différentes fenêtres expérientielles de ses incarnations. Cette brisure est particulièrement profonde chez l’homme dont les corps physique et éthérique ont été surexploités par les forces descendantes pour l’assujettir à une condition d’être régit par des rapports de force continuels avec la matière et avec ses semblables pour exécuter des destins dont la dimension tragique a laissé des traces extrêmement traumatiques en lui. Ces traumas font de ses corps un véhicule de souffrance souterraine et cachée parce que le réel de l’immensité de cette souffrance n’est pas supportable d’un seul bloc et a besoin d’être voilée par l’effort de (fausse) intégrité que se construit l’homme lorsqu’il s’identifie aux valeurs masculines resservies à travers l’histoire de l’humanité. La violence du choc que constitue par exemple le fait de prendre pleinement conscience d’être assujetti à de l’orgueil confronte immédiatement l’individu, et de surcroît l’homme, à une vulnérabilité extrême enfouie dans ses corps. Cette vulnérabilité signe la déchirure de l’homme face à l’ampleur du carnage qu’il a subit et qu’il a fait subir du fait de son sexe tout au long de l’histoire de l’humanité. Elle signe le prise de conscience du degré avec lequel ses corps ont été manipulés au service d’une barbarie dont il a absorbé les contre coups sans savoir qui il était. Faire l’expérience de cette déchirure équivaut à tomber dans l’abyme du carnage en soi pour en traverser les affres sans se morceler une nouvelle fois. C’est cette traversée rejouée en conscience sans succomber à la brisure qui permet à l’homme de réhabiliter son intégrité réelle pour apparaître dans la totalité de sa sensibilité longtemps restée inconnue puisque jamais atteinte par l’expérience d’une vulnérabilité fleuve qui n’est autre qu’une force absolue d’épuration.

Sandrine Vieillard

Publié par svieilla

Je m'intéresse à la psyché humaine à la frontière du visible et de l'invisible. J'ai quitté en septembre 2022 mon poste de professeure de psychologie cognitive à l'université Paris Nanterre pour développer une approche de la conscience humaine en dehors des cadres académiques qui me sont apparus en phase d’effondrement. Depuis 2020, je me suis formée à différentes pratiques de soin et d'accompagnement dont certaines sont présentées sur ce site. Dans le même temps s'est dessinée l'obligation de percevoir et de comprendre qu'une nouvelle psychologie devait être déployée (comme beaucoup d'autres champs d'exploration dans l'humanité) au service de l'expansion des consciences humaines et qu'un vaste champ de savoir était à arracher à l'invisible pour en faire une science et non une croyance. Le but étant d'aller à la rencontre de ce qui est réel en chacun de nous. Ce site décrit par ailleurs les soins que je propose dans le cadre de mon activité identifiée sous le n° Siret 902 918 168 000 11.

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