224 La souffrance de l’égo face à son corps de désir

Dans sa sexualité, il arrive que l’individu connaisse un état de complète présence à lui-même dénué de toute réflexivité qui l’ancre dans la matière de son corps avec une telle intensité que cela le sort littéralement du temps pour lui faire toucher à tous les éléments qui régissent son incarnation en lien avec sa dimension cosmique, éternelle, immense et pleine. Cette vague d’éternité totale vécue en osmose avec son partenaire lui fait goûter à une unité perdue qu’il sait rechercher depuis toujours et qu’il reconnaît comme étant la manifestation de son essence première. L’arrachement à cet état peut devenir à ce point souffrant pour l’individu que la seule façon de faire face à la déchirure profonde qu’elle peut susciter en lui est de partir en quête d’une nouvelle expérience permettant d’y goûter encore un peu. Aussi, l’énergie psychique et physique que l’égo investit dans la sexualité peut prendre une telle importance qu’elle devient une quête, et parfois une perdition, à laquelle l’égo s’adonne pour étancher sa soif d’absolu et tenter de résorber la souffrance de ne jamais pouvoir pérenniser cet état de réjouissance totale d’un corps qui sent vibrer en lui la paix absolue de toucher à son unité dans son contact charnel et énergétique avec son partenaire. L’égo doit savoir que cette souffrance, qui devient une souffrance existentielle du fait que la relation amoureuse et sexuelle qu’il vit ne lui permet jamais à terme de préserver et de déployer parfaitement cette éternité à la mesure de son besoin de perfection, est exploitée par les jeux du plan astral qui utilise son corps de désir et sa quête incessante d’unité pour se nourrir de ses orgasmes « désespérés ». Il doit comprendre que lorsqu’il n’est pas conscient des jeux des plans invisibles qui opèrent sur son corps de désir, sa sexualité devient une source d’instrumentalisation de ses énergies et de manipulation continue de ses croyances et de ses comportements de telle façon à ce que sa quête finisse par devenir un vivier intarissable d’énergie diffractée dans des orgasmes aussi voluptueux les uns que les autres qui ne permettent pourtant jamais de sceller dans la vie sensible, relationnelle et quotidienne l’unité tant recherchée. L’individu doit pouvoir aller au-delà des formes pour se saisir de l’occulte de la sexualité afin de comprendre que cette éternité qu’il ressent est bel et bien la manifestation de sa nature et qu’il n’y a aucun doute à ce sujet. Il doit comprendre que la sexualité n’est pas le Graal de cette manifestation mais plutôt un terrain ouvert pour l’exercer librement dans la conscience absolue de qui il est. Or, tant que la conscience de l’individu est voilée par les forces descendantes qui exercent une totale emprise sur son corps de désir, il restera en dehors de ce terrain. Tant qu’il n’aura pas compris que ces forces retardataires inscrivent délibérément dans son corps de désir des formes de jouissance extraordinairement puissantes, relayées par les circuits conditionnés de sa biologie, au point qu’il se sente submergé ou dévoré par elles plutôt que de se sentir dans l’expansion totale, légère et fabuleusement réjouissante de lui-même et de son partenaire, l’individu restera à côté de sa propre éternité de conscience. Tant que l’individu n’aura pas vécu intimement cet arrachement à la fausse identité de son corps de désir, il demeurera orphelin de cette communion avec l’éternité de conscience de son partenaire.

Sandrine Vieillard

Publié par svieilla

Je m'intéresse à la psyché humaine à la frontière du visible et de l'invisible. J'ai quitté en septembre 2022 mon poste de professeure de psychologie cognitive à l'université Paris Nanterre pour développer une approche de la conscience humaine en dehors des cadres académiques qui me sont apparus en phase d’effondrement. Depuis 2020, je me suis formée à différentes pratiques de soin et d'accompagnement dont certaines sont présentées sur ce site. Dans le même temps s'est dessinée l'obligation de percevoir et de comprendre qu'une nouvelle psychologie devait être déployée (comme beaucoup d'autres champs d'exploration dans l'humanité) au service de l'expansion des consciences humaines et qu'un vaste champ de savoir était à arracher à l'invisible pour en faire une science et non une croyance. Le but étant d'aller à la rencontre de ce qui est réel en chacun de nous. Ce site décrit par ailleurs les soins que je propose dans le cadre de mon activité identifiée sous le n° Siret 902 918 168 000 11.

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