222 La dimension vampirique de l’égo dans son rapport à autrui

La profonde blessure d’abandon qui règne en maître dans les circonvolutions du vécu psychologique de l’égo constitue, tant que l’égo n’est pas allé pleinement à la rencontre de cette blessure, le vivier d’un besoin de réassurance permanent qui se manifeste sur tous les plans de sa vie d’une façon totalement travestie et plus ou moins subtile selon les circonstances. Le facteur commun de ces manifestations est une forme de vampirisme souterrain qui se traduit aussi bien par le fait de puiser chez autrui l’énergie psychique ou matérielle qui est déficitaire en lui, que par des mouvements de fausse générosité qui répondent au besoin impérieux de l’égo d’être reconnu et réassuré dans son élan vers autrui. Bien au-delà de ces exemples, le vampirisme de l’égo abandonnique qui s’ignore dans sa condition foncière d’être blessé aux tréfonds de lui-même, se décline de multiples façons pour finir par coloniser et colorer tous les registres de son existence. Le vampirisme de l’égo abandonnique n’est pas un phénomène à condamner. Il s’agit plutôt d’un phénomène occulte à examiner de très près pour permettre à l’égo de s’arracher progressivement aux forces qui en lui agissent pour l’assujettir à une condition de vie et à des dynamiques relationnelles qui finissent toujours par le faire souffrir du fait du débalancement permanent que cela produit dans ses corps et dans les corps d’autrui. Le vampirisme que manifeste l’égo du fait de sa blessure originelle est la traduction de son aveuglement vis-à-vis de lui-même. Il est la manifestation de son incapacité temporaire à accéder à son autonomie première qui n’est autre que l’assise qu’il se donne en commençant par se débarrasser de tout ce qui l’encombre psychiquement en le dévaluant et en le maintenant dans une insécurité face à la vie qu’il ne comprend pas. Plus l’égo se donne l’assise identitaire pour comprendre les évènements de sa vie, moins il vibre à ses insécurités face à sa condition d’être sur terre. Ce faisant, l’égo se bâtit une architecture interne qu’il vit comme étant l’assise de son intégrité. Intégrité dont il met à jour la sensibilité lorsque dans son identité, il devient capable de toucher à la profonde vulnérabilité qui a marqué sa descente sur les plans de la matière. À cet endroit, l’égo peut embrasser la vastitude de son immense sensibilité et en connaître la matière vibrante pour donner à son assise identitaire non seulement l’intelligence universelle mais l’amour fondamental de reconnaître la perfection de cette matière sensible en lui qui n’est autre que l’expression des forces de son âme débarrassée des voiles mensongers du mémoriel involutif ayant agit comme fil conducteur expérientiel de son évolution. Plus l’égo parvient à s’extirper de ses propres voiles, plus il gagne en autonomie et en intégrité, moins il est soumis aux forces vampiriques qui agissent à travers lui pour puiser et exploiter tout ce qui sert de nourriture à la préservation du monde de la mort (ou plan astral) sur terre. Dans ce mouvement, l’égo se donne progressivement la liberté d’apparaître au monde sans avoir besoin de puiser chez autrui ce qu’il n’aurait pas déjà en lui-même car il devient son propre générateur d’énergie du fait de sa capacité à confronter les plans du monde astral pour faire cesser leur mouvement vampirique sur sa propre psyché et réinvestir le savoir de lui-même qui lui est dû.

Sandrine Vieillard

Publié par svieilla

Je m'intéresse à la psyché humaine à la frontière du visible et de l'invisible. J'ai quitté en septembre 2022 mon poste de professeure de psychologie cognitive à l'université Paris Nanterre pour développer une approche de la conscience humaine en dehors des cadres académiques qui me sont apparus en phase d’effondrement. Depuis 2020, je me suis formée à différentes pratiques de soin et d'accompagnement dont certaines sont présentées sur ce site. Dans le même temps s'est dessinée l'obligation de percevoir et de comprendre qu'une nouvelle psychologie devait être déployée (comme beaucoup d'autres champs d'exploration dans l'humanité) au service de l'expansion des consciences humaines et qu'un vaste champ de savoir était à arracher à l'invisible pour en faire une science et non une croyance. Le but étant d'aller à la rencontre de ce qui est réel en chacun de nous. Ce site décrit par ailleurs les soins que je propose dans le cadre de mon activité identifiée sous le n° Siret 902 918 168 000 11.

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