Quand la femme, dans sa générosité instantanée et sa propension naturelle à se mettre au diapason de l’autre, sent en elle que cette propension à s’ouvrir pour s’adapter à son environnement tend à être utilisée au point où elle se décentre d’elle-même et s’éloigne du respect intégrale qu’elle se doit, elle peut alors mobiliser le feu de son intelligence pour faire cesser sur les plans invisibles ce qui n’est ni plus ni moins qu’un abus de son intégrité. Elle fait cesser cet abus par le savoir de plus en plus solidement établi en elle que personne d’autre qu’elle-même ne peut veiller à préserver et à soutenir le respect absolu d’elle-même qui est l’amour qu’elle se porte. Elle sait que personne d’autre qu’elle-même ne peut être le gardien du respect qu’elle doit se donner car elle est absolument consciente que les plans du monde astral œuvrent à plein régime et en continue pour potentiellement créer dans ses relations, notamment dans ses relations affectives avec les hommes, les conditions de la division. Conditions qui passent toujours par des formes de domination qui sont parfois tellement subtiles qu’elles pourraient leurrer la femme dans son éternelle interrogation de se demander s’il ne vaut pas mieux continuer à tolérer ce qui, venu de l’homme, la maintient dans sa condition karmique de femme continuellement mise sous la coupe d’une domination masculine. Cette domination masculine, qu’il s’agit de regarder de façon objective et froide, doit être vue comme la résultante, chez l’homme, d’un aveuglement vis-à-vis des forces qui le dominent pour manipuler les failles psychologiques de la femme aussi aveugle que lui dans sa condition de vie involutive. L’amour que la femme se porte en se respectant absolument, c’est-à-dire notamment en cessant de douter d’elle-même, devient la mesure de sa capacité à s’extirper de ses propres failles pour générer un amour intelligent et harmonieux qui place chaque individu dans un rapport d’égal à égal. De ce fait, cet amour ne se traduit jamais par le blâme aveugle de l’homme qui est en face d’elle car elle connaît les jeux archaïques des mondes invisibles qui pèsent sur lui, mais par la dénonciation et le retournement radical, dans ces mondes, des forces qui agissent sur sa conscience pour en faire l’instrument ignorant du démantèlement systématique d’une harmonie qui demande à être régénérée jour après jour dans l’acte conscient et volontaire de se savoir pleinement face aux manipulations du monde astral pour ne jamais cesser de s’aimer et d’aimer l’autre. Cette position que prend la femme vis-à-vis des forces qui instrumentalisent l’autre, l’homme ici, pour la réduire à une condition qui n’est pas le réel de qui elle est, est une position de force qu’elle doit maintenir pour aller toujours plus avant dans la compréhension totale des manipulations qui s’abattent sur l’homme et le détournent constamment des énergies du principe de l’amour universel. Plus elle devient consciente de ces manipulations dans les initiations qu’elle traverse, plus elle est en mesure de les identifier, de les dénoncer, de les parler, de les déplier, de les épuiser littéralement afin de venir à bout d’une chape de plomb mue par des forces qui font TOUT pour qu’elle ne se sache pas et que l’homme ne la voit pas dans sa beauté et son intégrité. Or, la femme doit apparaître à l’homme pour que ce dernier découvre à son tour qui il est réellement. C’est seulement lorsqu’elle apparaîtra qu’elle fera basculer les forces en présence de telle sorte à ce que l’homme entame une plongée profonde et radicale en lui à la rencontre de sa sensibilité la plus enfouie qu’il reconnaîtra comme étant la substance la plus vivante de l’amour en lui.
Sandrine Vieillard