217 La souffrance initiatique de l’homme (avec un petit h)

La séparation des deux principes féminin et masculin, c’est-à-dire la séparation des principes yin et yang dont la femme et l’homme sont la manifestation incarnée et séparée sur terre, a créé un bris de conscience à partir duquel l’expression dans la matière du yin et du yang a été complètement dénaturée. Cette défiguration a précipité chaque homme et chaque femme dans une croyance d’eux-mêmes qui n’a jamais reflété ce qu’ils étaient réellement. Le principe yang qui est un principe de manifestation, a subi la plus forte attraction vers les polarités des lois de la matière. Ce faisant, ce principe s’est auto-généré dans un mouvement de densification au point de se confondre totalement à la matière pour créer une énergie de manifestation encore plus grande, laquelle a conduit l’homme à être le bâtisseur que l’on connaît. Ces épousailles avec la matière a renforcé chez lui l’intensité de ses ressentis corporels, relayés par ses modalités sensorielles, pour faire de son corps physique le socle d’un principe émetteur puissant avec lequel s’est confondue sa conscience. Cette confusion a fait que l’homme s’est littéralement identifié à cette intensité et à cette densité, cristallisant dans le même temps dans ses atomes et dans ses cellules le fruit même des conséquences de son rapport à la matière, conséquences qui ont été à la fois grandioses et terribles. L’extrême polarisation qui s’est alors sédimentée dans les corps de l’homme l’a piégé dans un rapport à lui-même et aux autres où la dimension subtile de son extrême sensibilité et de sa propre vulnérabilité est demeurée un point aveugle. Elle est demeurée un point aveugle parce qu’il s’agissait d’un interdit identitaire. Interdit sédimenté dans les couches mémorielles polarisées à l’excès qui se sont cristallisées dans ses corps physique et éthérique pour constituer des voiles épais qui ne lui permettent pas d’atteindre une dimension autre dans son corps que celle de l’extrême stimulation de son feu d’action qui peut aisément s’actualiser dans son feu sexuel. Cette autre dimension, que l’homme ne voit pas et que la société dans laquelle il baigne ne l’autorise jamais à aller voir, concerne directement son corps physique dont la sensibilité a été maintenue silencieuse à force d’être dominée, écrasée, bafouée, niée par l’obligation de ce même corps à répondre aux lois de la matière devenues des injonctions relayées par les conditionnements culturels et sociétaux qui s’imposent à lui depuis des lustres dans l’histoire de l’humanité. Ce faisant, l’homme est demeuré coupé d’un principe qui n’a jamais servi directement l’identité factice qu’il s’est construite à travers les injonctions subies au fil des vies. Ce principe, qui est le principe yin c’est-à-dire le principe féminin, peut, s’il le touche, le propulser dans des dimensions de lui-même pour vivre une immense souffrance de comprendre que le feu de son yang a été perverti. Il a été perverti parce qu’il a été instrumentalisé au service d’un principe de manifestation terrestre en s’actualisant dans un mouvement de domination, de performance et de rapport de force continuel avec la matière. Ce principe de domination qui a été le moteur c’est-à-dire le feu propulseur de l’action de l’homme sur terre a été à ce point exacerbé qu’il s’est étendu à toutes les sphères de sa vie, y compris dans son rapport avec la femme dont la programmation n’a jamais été de vaincre physiquement la matière pour survivre. Lorsque sera venu le temps où l’homme touchera au plus profond de cette sensibilité, il vivra une souffrance considérable et absolument atroce de réaliser qu’il a été lui-même instrumentalisé dans sa conscience pour dominer la femme dont la nature lui a toujours paru superfétatoire du fait qu’elle demeurait inatteignable en lui. Lorsque l’homme vivra cette déchirure sans se fracturer psychiquement, il pourra toucher à sa nature complète. Il pourra comprendre enfin ce qu’est l’amour dans ce monde matériel qu’il ne s’agira plus de tenter de dominer uniquement par sa force physique mais qu’il s’agira de spiritualiser par sa force psychique devenue intégrale du fait de l’harmonisation du yin et du yang réalisée en lui.

Sandrine Vieillard

Publié par svieilla

Je m'intéresse à la psyché humaine à la frontière du visible et de l'invisible. J'ai quitté en septembre 2022 mon poste de professeure de psychologie cognitive à l'université Paris Nanterre pour développer une approche de la conscience humaine en dehors des cadres académiques qui me sont apparus en phase d’effondrement. Depuis 2020, je me suis formée à différentes pratiques de soin et d'accompagnement dont certaines sont présentées sur ce site. Dans le même temps s'est dessinée l'obligation de percevoir et de comprendre qu'une nouvelle psychologie devait être déployée (comme beaucoup d'autres champs d'exploration dans l'humanité) au service de l'expansion des consciences humaines et qu'un vaste champ de savoir était à arracher à l'invisible pour en faire une science et non une croyance. Le but étant d'aller à la rencontre de ce qui est réel en chacun de nous. Ce site décrit par ailleurs les soins que je propose dans le cadre de mon activité identifiée sous le n° Siret 902 918 168 000 11.

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