L’individu parviendra à la compréhension qu’il existe potentiellement en l’autre, comme en lui, des forces retardataires et manipulatrices qui entrent en collision pour créer des formes d’interaction où certaines sollicitations d’autrui, qui sont produites par des mouvements vampiriques dont celui-ci ne voit pas encore la nature, vont activer chez l’individu en état potentiel de se sentir responsable de l’interpellation dont il fait l’objet, lui imposant potentiellement le sentiment de devoir se justifier. Ces mouvements vampiriques qui s’immiscent dans les rapports entre les individus sont des forces de division qui doivent à terme faire l’objet de suffisamment de discernement pour être dénoncées comme telles. Elles doivent être dénoncées car elles créent les conditions de générer chez l’un la croyance de devoir défendre une position à partir de laquelle il incrimine autrui, et de générer chez l’autre le besoin potentiel de se justifier pour avoir le sentiment illusoire de pouvoir s’extirper d’un sentiment plus ou moins diffus d’être quelque part fautif sans d’ailleurs toujours savoir pourquoi. Dans cette dynamique relationnelle aberrante, le problème ne vient jamais d’un individu ou d’un autre mais toujours des forces qui s’exercent sur l’un des deux individus ou les deux individus à la fois, à leur insu. L’individu conscient de lui-même sait cela et fera tout pour déjouer la perversité de ces forces qui manipulent l’un pour piéger l’autre et inversement. Ce faisant, l’individu conscient de lui-même statuera haut et fort sur les plans invisibles que ces formes relationnelles sont archaïques, dérisoires et absolument pas à la hauteur de l’intégrité psychique qu’il a la volonté de se construire pour sortir d’une communication limitée aux schémas réflexes d’une psychologie appauvrie par l’incapacité de l’égo à se désencombrer de tout ce qui n’est pas réel en lui. En commençant à s’habiter totalement en dénonçant ce qui n’est pas réel en lui, l’ego devient apte à conduire sa vie sans demander de compte à quiconque car il n’a plus besoin de se sécuriser d’une manière ou d’une autre pour se sentir vivre. Un égo qui s’habite sait que deux êtres intelligents et intègres n’ont jamais besoin de se justifier l’un par rapport à l’autre car ils ont cessé de se réfléchir et de se laisser envahir par des pensées parasites amorçant en eux des forces retardataires de division qui veulent se faire passer pour eux afin de les enjoindre à se donner raison pour maintenir la sécurité factice de leurs limites psychologiques. L’individu conscient de cela fera exploser toutes les formes qui de près ou de loin veulent le figer dans ce type de relation à l’autre. Il le fera car il comprendra que ce qui est vampirique, ce n’est pas l’individu qui est en face de lui mais bien les forces retardataires qui le chevauchent. Il le fera avec la volonté de grandir toujours davantage dans sa conscience pour nourrir le merveilleux de ce que cela fait d’instaurer un rapport d’égal à égal avec autrui. Il le fera avec le savoir que ce rapport d’égal à égal dépend de sa propre capacité, qui est sa responsabilité ultime dans la vie, à aller toujours plus loin en lui pour dénoncer tout ce qui l’assujettit à des formes relationnelles perverties où l’un est poussé, d’une manière ou d’une autre, à vouloir avoir l’ascendant sur l’autre. L’individu le fera car, dans sa sensibilité, il ne pourra plus supporter d’aucune façon l’aberration de l’action des forces de division sur les relations entre les hommes et les femmes de ce monde.
Sandrine Vieillard