La légitimité absolue à être au monde se bâtit dans la capacité que l’égo se donne de se tracer un sillon infini dont chaque point équivaut à un acte conscient de dépolarisation des évènements de sa vie. Chacun de ces points devient une convergence des énergies de l’âme et de l’esprit car chacun de ces points inaugure la capacité croissante de l’égo à ne plus perdre aucune énergie à se noyer dans le doute de ses propres contradictions internes. Ne doutant plus, c’est-à-dire n’étant plus magnétisable par aucune polarité ayant vocation à faire vibrer les voiles involutifs de son corps astral, l’individu renoue avec sa nature première étincelante de beauté tellement elle est vierge de tout questionnement existentiel. La légitimité absolue d’être au monde est une restauration intégrale de l’égo dans la matière qui découvre ce qu’est l’amour en devenant sa propre mère universelle, c’est-à-dire en devenant apte à bercer et à soulager ses propres souffrances issues du temps ou il croyait aux polarités de ce monde. Croyance qui l’a conduit à en tirer un système de valeurs intangible auquel il s’est identifié pour s’emprisonner dans un rapport à soi-même et aux autres qui n’a eu d’autres effets que de générer la division interne et la séparation perpétuelles. Fort de cette compréhension, l’égo devient plus légitime que jamais à être au monde pour ne plus douter de lui et pour aimer l’autre car n’étant plus atteignable par les forces descendantes opérant mécaniquement sur tous les leviers de polarisation possibles, il se sait et dans le même temps il sait reconnaître l’essence première de celle ou celui qui est en face de lui. Ce faisant, il travaille d’arrache-pied à dénoncer le jeu archaïque de ces forces qui voudraient maintenir l’exercice de leurs lois surannées. Il le fait car il n’a rien d’autre à faire de plus efficient pour son évolution propre et pour l’évolution de ce monde. Plus il sait sa légitimité à être au monde, plus il défonce les barrières de lui-même qu’il croyait infranchissables et qui se manifestaient par toutes sortes de sentiments telle que l’incomplétude, la petitesse, l’illégitimité, la faute, l’impuissance, la honte, ou toute autre forme d’être au monde qui le limitait jusqu’alors dans sa grandeur première.
Sandrine Vieillard