204 Épurer le doute et quitter les rails d’une rationalité qui n’est pas le réel de la vie

L’égo prisonnier de ses pensées qui croit que c’est lui qui pense ce qu’il pense et qui se fait ainsi porter toute la responsabilité de ce qui se pense dans sa tête est un égo qui supporte une très lourde charge karmique car il s’attribue l’immensité des aberrations, des contradictions, et des jugements de valeurs qui défilent dans son mental pour déterminer son rapport à lui-même et son rapport à autrui. En s’attribuant ses pensées tout en cherchant par les voies d’une rationalité conditionnée par les égrégores sociaux, culturels et familiaux à leur donner une validité, l’égo s’attribue une masse considérable de pollutions mentales auxquelles il finit par s’identifier car il les croit siennes. A force d’identification à cette pollution mentale, l’égo devient lui-même, dans sa manifestation dans la matière, le fruit de cette pollution par les paroles et les comportements qu’il agit en réaction à ce qui se joue dans sa tête. Parce que cette pollution mentale est toujours polarisée et contradictoire, l’égo est systématiquement mis à défaut dans son rapport à lui-même et au monde. Il ne parvient pas à conserver une stabilité mentale et émotionnelle qui lui permette d’assurer l’harmonie en lui et avec autrui. Cette incapacité chronique se transforme alors en terreau idéal pour nourrir de profondes dévaluations à l’égard de lui-même mais aussi à l’égard d’autrui qui est jugé comme étant d’avance potentiellement décevant du fait de son égale incapacité, expérimentée dans les schémas relationnels précédents, à maintenir cette équanimité intérieure. L’égo peut parfois passer sa vie à attendre des autres, dans une succession de relations, ce qu’il ne parvient pas lui-même à instaurer en lui et à se donner. La dévaluation de soi qui émane du constat que fait l’égo de ses contradictions internes est une prison très pernicieuse car l’égo, dans son souci de se donner une raison de vivre ce qu’il vit, tente de rendre cohérent ce qui ne peut l’être par les moyens d’une rationalisation au coup par coup dont l’équilibre apparaît extrêmement précaire dès lors que l’on regarde de près la systémique rationnelle à l’œuvre pour maintenir l’égo dans son besoin, lié à sa survie psychologique c’est-à-dire identitaire, de se donner raison. Si l’individu s’arrête devant ce constat et décide de s’étudier pour scruter la dimension dérisoire de ses propres rationalisations liée au fait qu’il croit ses pensées, il commencera à ressentir une grande souffrance psychique qui lui permettra de prendre la mesure du degré inouï avec lequel son égo s’est identifié aux pollutions mentales qu’il faisait siennes. Au cours de ce processus d’examen de lui-même, l’individu est pris d’une part entre la prison mentale qu’il connaissait et d’autre part la souffrance psychique qu’il subit en vivant la déconstruction de ses croyances qui constituaient l’assise de son identité factice. Pris entre les geôles de son ancien égo et le vertige de sa nouvelle conscience qui prend la mesure de l’immensité du mensonge en lui, l’individu traverse alors une étape particulièrement souffrante où le seul réflexe qu’il a tendance à maintenir pour se donner des points de repères dans la vie est de continuer à croire et à donner une valeur aux formes de l’existence. Ce réflexe, qui le maintient dans les schémas catégoriels et rationnels de son mental inférieur, lui fait vivre encore beaucoup de doutes car il demeure toujours animé par une mouvement réflexif qui est une métacognition polarisée de lui-même. A travers cette métacognition, l’égo se réfléchit et projette sur ce qui émane de sa tête en lien avec les formes évènementielles qu’il traverse, des valeurs, des couleurs, des nuances dont la palette dépend encore d’un référentiel polarisé extérieur à lui. Un des principes initiatiques qui mettra un terme à ce réflexe consiste, pour l’individu, à vivre les pires aberrations évènementielles qui ne font pas son affaire afin que son système de valeurs rationnelles soit rendu totalement inopérant pour raisonnablement expliquer ce qui arrive. La rationalité de l’individu est alors mise à genoux. Les polarités s’estompent. Le doute commence à fondre. L’égo cesse de s’identifier aux pollutions mentales qui faisaient la pluie et le beau temps dans sa tête. Il sort, forcé, des conditionnements ambiants. Le contact avec l’énergie de son esprit devient de plus en plus clair. Le rapport que l’égo entretient avec le monde peut alors se libérer d’une vision purement matérialiste pour aller vers une compréhension non spiritualisée des lois de l’invisible qui organisent sa vie. L’égo peut alors développer un mental vibratoire et comprendre ce que cela signifie que de parler du réel de la vie.

Sandrine Vieillard

Publié par svieilla

Je m'intéresse à la psyché humaine à la frontière du visible et de l'invisible. J'ai quitté en septembre 2022 mon poste de professeure de psychologie cognitive à l'université Paris Nanterre pour développer une approche de la conscience humaine en dehors des cadres académiques qui me sont apparus en phase d’effondrement. Depuis 2020, je me suis formée à différentes pratiques de soin et d'accompagnement dont certaines sont présentées sur ce site. Dans le même temps s'est dessinée l'obligation de percevoir et de comprendre qu'une nouvelle psychologie devait être déployée (comme beaucoup d'autres champs d'exploration dans l'humanité) au service de l'expansion des consciences humaines et qu'un vaste champ de savoir était à arracher à l'invisible pour en faire une science et non une croyance. Le but étant d'aller à la rencontre de ce qui est réel en chacun de nous. Ce site décrit par ailleurs les soins que je propose dans le cadre de mon activité identifiée sous le n° Siret 902 918 168 000 11.

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