Le processus d’effondrement des structures retardataires de la personnalité de l’individu passe par des situations de mise en initiation à travers lesquelles il se voit mis face à des évènements oppositionnels à répétition dont la vocation est de toucher exactement la même faille psychologique qu’il porte en lui et qui gouverne sa vie sur la base de lois involutives le maintenant dans une fausse identité de lui-même. Aussi longtemps que l’individu réagit à l’évènement oppositionnel de façon subjective en se laissant coloniser par les voiles d’émotivité issus du mémoriel involutif cristallisé dans ses corps, il vit l’évènement sans en comprendre la nature occulte et se laisse alors envahir par toute une gamme d’énergies tierces qu’il ressent comme des états de dévaluation de lui-même ou d’autrui. Cela le maintient alors dans une position de morcellement, c’est-à-dire dans un état de division interne qui l’inhibe totalement face à la vie et l’arrache à son unité première, seul point à partir duquel il peut entamer un mouvement d’expansion de sa conscience. Dans le processus initiatique, les évènements oppositionnels évidents ou très subtils se représentent inlassablement, encore et encore, autant de fois que nécessaire pour que l’individu comprenne enfin le degré d’aberration qu’il vit et ressente enfin un degré d’écœurement tel que cela déclenche en lui la montée d’un feu de révolte. Ce feu de révolte, qui est le feu de son esprit, lui sert alors à opérer un renversement interne dont il était jusqu’alors incapable du fait de son aveuglement lié à son assujettissement total à son émotivité ayant toujours servi de pôle identitaire dans son rapport à lui-même et à autrui. Ce renversement interne est une opération individuelle et intime d’arrachement ou plus exactement de dissociation d’avec ce qui, du fait de l’évènement oppositionnel, fait vibrer en lui une corde sensible et souffrante à laquelle il s’est identifié au point de se vivre en victime face à cet évènement savamment orchestré par les plans invisibles pour instiller chez lui une variété d’auto dévaluations aussi subtiles qu’innombrables. Cette mécanique de mise en initiation doit être bien comprise de l’individu pour qu’il puisse trouver en lui le levier psychique lui permettant de ne jamais croire la forme évènementielle, c’est-à-dire de ne jamais tomber dans le piège de penser que la forme le définit dans son essence ou définit autrui dans son essence. Plus l’individu se donne les moyens de se dégager de la forme et de s’arracher aux croyances dévaluées que cela génère en lui, plus il recolle les morceaux des multiples morcellements sédimentés dans ses corps physique et éthérique. De cette capacité à réaliser cette refonte psychique dépend la possibilité de l’individu de faire renaître en lui son unité perdue.
Sandrine Vieillard