Lorsque l’individu développe le feu du principe d’intelligence en lui, il peut constater, en examinant attentivement la manière dont les évènements s’orchestrent chronologiquement dans sa vie quotidienne, que cette orchestration peut suivre une trame particulière usant de toutes les formes possibles et imaginables pour le placer psychologiquement dans des dispositions où il est réduit à réagir, c’est-à-dire à ressentir en lui une coloration émotive qui vient faire vibrer dans ses corps un ensemble de ressentis particuliers qu’il prend pour argent comptant. Prendre pour argent comptant la totalité de ses ressentis équivaut pour l’individu à les interpréter instantanément sous le prisme de ses schémas psychologiques habituels pour en faire des vérités existentielles à partir desquelles il prend des décisions dans sa vie. En donnant de la validité psychologique à ses ressentis, l’individu ne fait alors qu’y répondre en suivant un canevas mental déjà établit par la programmation de sa psyché. Dit autrement, les ressentis de l’individu sont rattrapés par le réflexe de son mental inférieur de les réfléchir par le prisme d’une programmation qui établira toujours les mêmes façons de gérer les évènements et par conséquent les mêmes écueils et les mêmes souffrances. Cette circularité des modalités de réaction de l’individu devient alors sa prison dont il ne sait comment se sortir. Parfois, l’individu n’envisage même pas de s’en sortir car son rapport à la répétition de ses propres schémas psychologiques est à ce point normalisé qu’il en fait sa condition de vie sans envisager qu’elle puisse être remise en cause. Pourtant, aussi longtemps que l’individu reste à la surface de ses ressentis, c’est-à-dire aussi longtemps qu’il les croit sans prendre la mesure de ce qu’ils recouvrent réellement, il se place sans le savoir dans une position où il est littéralement téléguidé par eux sans se donner la possibilité d’en comprendre la nature. Or, c’est seulement en en perçant l’origine et la qualité que l’individu devient en mesure de développer en lui le discernement dont il a besoin pour cesser de se faire balader par des impressions mensongères qui l’amènent systématiquement à être tributaire des lois karmiques de cause à effet par le truchement de la diffraction qui se manifeste par un éventail de réactions psychologiques telles que la dévaluation de soi et/ou d’autrui ou encore de l’existence sous toutes ses coutures. L’individu comprendra que ses réactions aveugles vis-à-vis des ressentis qui l’assaillent sont le moteur de son illusion d’avoir un libre arbitre car c’est à partir d’eux qu’il initie ses propos, ses comportements et ses décisions dans la vie. L’individu comprendra également que la structure arborescente de la trame événementielle qui s’orchestre dans le temps pour jouer avec ses émotions et pour le faire systématiquement réagir est le parfait support de la diffraction de ses lignes de temps actualisées par les multiples décisions qu’il prend sous l’emprise de son émotivité. Cette perte d’énergie pré-personnelle que le mémoriel involutif inscrit dans ses logiques expérimentales sous le sceau de la prise de décision est une illusion qui participe à éloigner l’individu de sa nature réelle car il reste pris dans les méandres des formes événementielles auxquelles il s’identifie sans comprendre les lois involutives qui régissent sa vie psychique mais dont il sera amené à terme à se libérer définitivement.
Sandrine Vieillard