192 Lorsque l’individu commence à sentir l’écœurement de vouloir se donner raison

Lorsque l’individu commence à sentir en lui une sorte d’écœurement de toujours faire appel à ses schémas psychologiques pour tenter de comprendre les événements de la vie qui ne font pas son affaire, lorsqu’il se sent saisit d’une lassitude mentale lui indiquant plus ou moins confusément que ce qui se trame dans sa tête n’est pas intelligent, alors il se passe quelque chose d’important en lui. Il devient témoin en lui-même de l’épuisement progressif du jeu des pensées issues des voiles mensongers de la programmation de sa psyché. Il assiste à la perte de vitesse de la mécanique psychologique en lui qui laisse place graduellement à un espace psychique à partir duquel il peut lire les événements de sa vie en s’extirpant des lois de division manifestées par les mêmes leviers psychologiques de diffraction. Cet écœurement de se donner raison marque en lui l’avènement d’une paix intérieure qui lui permet de trouver la stabilité nécessaire pour asseoir son identité dans sa vie matérielle sans jamais ressentir le besoin d’utiliser des valeurs de comparaison avec autrui pour sentir que son identité est bien réelle. Cette nouvelle assise identitaire est une grande liberté pour l’individu car elle n’a aucunement besoin de se bâtir sur un quelconque jugement qui reviendrait à se donner une valeur factice fondée sur une (d)évaluation de soi-même et/ou d’autrui. L’absence de recours à son ancien système de valeurs psychologiques construit sur d’innombrables croyances, dit autrement, l’absence de valeur donnée à soi-même ou aux autres, place l’individu dans un endroit de lui-même où il peut apparaître dans la transparence de son espace psychique devenu libre de tout encombrement psychologique. L’individu respire et permet à celle ou celui qui lui fait face de respirer avec lui. Cette respiration commune devient la trame d’une communication qui commence à devenir le lieu de toutes les créations possibles entre des êtres qui ne craignent plus la vie et n’ont par conséquent plus besoin de se donner raison pour se défendre.

Sandrine Vieillard

Publié par svieilla

Je m'intéresse à la psyché humaine à la frontière du visible et de l'invisible. J'ai quitté en septembre 2022 mon poste de professeure de psychologie cognitive à l'université Paris Nanterre pour développer une approche de la conscience humaine en dehors des cadres académiques qui me sont apparus en phase d’effondrement. Depuis 2020, je me suis formée à différentes pratiques de soin et d'accompagnement dont certaines sont présentées sur ce site. Dans le même temps s'est dessinée l'obligation de percevoir et de comprendre qu'une nouvelle psychologie devait être déployée (comme beaucoup d'autres champs d'exploration dans l'humanité) au service de l'expansion des consciences humaines et qu'un vaste champ de savoir était à arracher à l'invisible pour en faire une science et non une croyance. Le but étant d'aller à la rencontre de ce qui est réel en chacun de nous. Ce site décrit par ailleurs les soins que je propose dans le cadre de mon activité identifiée sous le n° Siret 902 918 168 000 11.

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