L’individu sera graduellement amené à sortir d’un rapport de subordination entre son égo et son propre corps qu’il manifeste le plus souvent en exploitant ses capacités physiques au service d’objectifs que son mental se donne tout en ignorant la qualité de l’énergie vitale qui permet de supporter son activité. Dans un autre cas de figure, c’est l’individu qui subit l’expression de limitations corporelles généralement associées à la douleur ou à la maladie venant toutes deux entraver le mouvement psychologique de son mental habitué à être aux commandes de ce à quoi il s’est identifié dans la matière, à savoir son propre corps. Dans les deux cas, ce rapport de subordination marque une incompréhension de l’égo quant à la nature réelle de ce qui habite son corps, c’est-à-dire également à ce qui potentiellement l’assiège. Cette condition particulière d’être totalement identifié à son corps physique tout en étant maintenu dans une forme de coupure vis-à-vis de ce qui l’habite réellement maintient l’individu dans un rapport faussé à lui-même qui le place en porte à faux du fait ne pas parvenir à sentir en lui une unité intérieure totale à laquelle il aspire. L’individu qui est ignorant et par conséquent assujetti à ce qui habite son corps physique ne comprend ni la source ni la nature de la quantité astronomique de mouvements internes, soutenus par le circuit biologique entre les pensées qu’il reçoit et les réactions qu’elles génèrent, qui se traduisent pas des impressions, des émotions et des ressentis corporels émergeant comme de puissants leviers d’influence qui viennent polariser le rapport qu’il a au monde, à lui-même, et notamment à son propre corps physique. Tant que l’individu demeure ignorant de la nature des énergies qui grouillent en lui et génèrent des humeurs auxquelles il s’identifie, il demeure prisonnier de ce qui crée en lui un rapport de subordination par rapport à lui-même. Il lui faut tout le discernement nécessaire pour faire le tri entre ce qui est réel en lui, à savoir son énergie première qui signe son intégrité, et ce qui l’habite sans qu’il n’ait eu jusqu’à ce jour le loisirs d’avoir son mot à dire puisqu’il ignorait qu’il pouvait être littéralement ‘possédé’ par des formes colorées en lui, c’est-à-dire des formes de chevauchement par des entités dont la finalité est de le placer dans une impuissance vis-à-vis de lui-même pour bénéficier de son mouvement de diffraction. C’est par son discernement et sa volonté inaltérable d’aller regarder de prêt tout ce qui occupe son monde intérieur à la fois psychique et physique, que l’individu peut comprendre que son corps physique auquel son égo s’identifie est un corps imprégné, dans ses cellules, de multiples et profondes strates de mémoriels qui vibrent aux stimulations extérieures et le cantonnent dans des registres de réactions psychologiques qui le limitent grandement dans le savoir qu’il a de lui-même. Limitation qui le fait alors régulièrement buter devant cette impression d’être incapable de vivre son unité d’individu libre et puissant à générer les conditions de l’harmonie en lui et autour de lui. Lorsqu’il aura pris l’habitude d’aller à la rencontre de ce qui siège dans son corps sans son autorisation, l’individu commencera à le dévoiler pour se dés-identifier de ce qui est mensonger en lui. Ce mouvement de décollement, de dés-identification de l’égo vis-à-vis de ce qui densifie, à travers un mémoriel involutif, son corps physique, donne à l’individu un espace libre à ses énergies pré-personnelles c’est-à-dire à son savoir universel afin de cultiver une intelligence du vivant qui lui permet de comprendre que tout ce qu’il absorbe dans son corps physique le constitue. L’individu commence alors à se définir psychiquement et physiquement par la gestion intelligente de ce qu’il se donne comme nourriture matérielle et immatérielle. Il commence à le faire non pas pour se donner une vérité à laquelle il attribuerait une valeur quelconque mais parce qu’il comprend que son intégrité repose ultimement sur la maîtrise absolue de qui il est dans sa dimension tissulaire et énergétique. À partir de cette compréhension, l’égo peut faire de son corps physique un levier puissant de descente de l’énergie du principe de l’intelligence universelle et de l’amour universel dans la matière en se donnant toutes les conditions pour nourrir et préserver un corps, en constante régénérescence, qui soit en mesure de soutenir et d’incarner intégralement son expansion de conscience.
Sandrine Vieillard