L’individu peut parfois sentir en lui une énergie, un feu violent et puissant qu’il peut vivre comme une forme d’agressivité face à la vie. Cette agressivité face à la vie qui lui donne un sentiment de grande vitalité et un fort esprit de conquête est un élan fondamental à partir duquel il est conduit à se construire une assise identitaire, c’est-à-dire une manière de se vivre dans son intimité et de se vivre vis-à-vis d’autrui. Ce rapport à lui-même et à autrui structure à terme un pilier identitaire auquel l’égo finit par s’identifier pleinement pour envisager et organiser sa vie, lui donnant par la même occasion un sentiment de liberté tant et aussi longtemps que son esprit de conquête et son feu ne se heurtent pas à des circonstances de l’existence qui viennent lui faire vivre un effet boomerang qu’il n’aura pas nécessairement anticipé et qui le maintiendra potentiellement dans un sentiment amer d’échec, de frustration ou encore d’injustice qui constitue le revers de la médaille. Revers qui conduit irréductiblement l’individu à se sentir de façon plus ou moins diffuse victime de l’évènement, ce qui déclenche en lui les mécaniques psychologiques bien huilées de diffraction de ses énergies pré-personnelles l’amenant potentiellement à se blâmer ou encore à blâmer autrui. Bien que l’individu sente en lui que cette agressivité face à la vie est une magnifique force Yang lui permettant de se manifester dans ce monde, il doit comprendre que cette dimension Yang de son être qui est extrêmement valorisée, exacerbée et surexploitée dans un monde actuel où les forces misogynes sont à l’œuvre (https://lereelensoit.fr/wp-content/uploads/2023/02/audio-080223-loccultedelamisogynie.mp3) peut le faire fonctionner à plein régime dans une forme de débalancement de ses propres corps. Concrètement, ce débalancement correspond à une butée, à un revers ou encore à une sorte de prix à payer qui équivaut pour l’individu à être régulièrement confronté à sa propre frustration ou encore plus subtilement à des situations où il se voit heurter la sensibilité de l’autre parce qu’il n’a jamais appris à contenir, utiliser et diriger son feu pour avant tout en faire un vivier d’intelligence universelle en mesure de préserver le rapport à lui-même et à autrui. Cette ignorance coince alors l’individu à un endroit de lui-même où, ayant participé à ‘faire mal’ à autrui, il finit par ressentir une grande souffrance intime même s’il tente de s’en défendre par la rationalisation ou encore par les jugements de valeurs qui viennent en renfort pour lui offrir une justification quelconque et assurer un sentiment de cohésion pour son égo. Cette condition de ne pas savoir comment diriger le feu vital de cette agressivité face à la vie le maintient dans une sorte d’impuissance de ne pas trouver le moyen de créer et de stabiliser l’harmonie en lui et autour de lui à laquelle il aspire fondamentalement mais que les évènements oppositionnels de la vie semblent constamment mettre à mal comme s’il devait toujours être mis face à cette impuissance qui le condamne à penser qu’il n’est pas assez si, pas assez cela… Pour finalement faire infuser en lui le sentiment qu’il n’est pas dans l’entièreté de sa dignité et de sa légitimité à être au monde. Bien que l’individu ne se le dise pas aussi clairement que cela, les impressions qu’il ressent participent largement à l’imprégner de ce sentiment qui devient totalement banalisé sur un plan psychologique et le laisse démuni quant à la possibilité de renverser en lui tout ce qui crée la discorde avec lui-même et avec autrui. Il arrivera un temps pour l’individu ou, parvenu à un tel degré d’écœurement face à ces vécus récurrents, qu’il commencera à cesser de diriger son feu à ‘l’horizontal’ c’est-à-dire à l’endroit des évènements ou des personnes de son entourage pour en faire le feu de lance de la conquête de sa liberté psychique en le dirigeant sur les plans invisibles pour dénoncer tout ce qui constitue une aberration dans le sentiment qu’il a de lui-même ou dans ce qui crée la division entre les êtres. Cela suppose que l’individu s’arrache à son rapport strictement matérialiste au monde pour comprendre que des ficelles occultes le maintiennent dans des conditions d’existence archaïques desquelles il est amené à s’extraire à l’aide de son agressivité face à la vie qui n’est autre que le feu de son esprit qui doit être vu comme tel et exploité jusqu’au bout pour un jour accéder, à travers sa déchirure (https://lereelensoit.fr/2023/05/20/181-lindividu-qui-cesse-de-fuir-son-ultime-liberte-daller-a-la-rencontre-de-sa-dechirure/) au principe de l’amour universel.
Sandrine Vieillard