Dans le processus d’intégration des énergies du principe de l’amour universel, l’individu en arrivera à percevoir avec toujours plus de finesse que la moindre tension qui surgit en lui suite à un évènement orchestré pour déclencher dans ses corps physiques une sensation d’insécurité diffuse, est une tension qu’il s’agit de cesser de fuir pour la placer devant lui afin de la reconnaître. Ne pas fuir cette tension suppose d’engager en lui une contre dynamique psychique, qui est au départ extrêmement difficile à enclencher, pour faire opposition à de puissants réflexes internes devenus une routine et consistant à valider psychologiquement la présence d’énergies subtiles en lui à partir desquelles l’individu se donne l’impression ou s’entend dire, sans même en avoir toujours conscience, que cela ira mieux demain, ou qu’il est urgent de s’atteler à faire quelque chose pour se distraire de cette tension interne qui marque une insécurité profonde et lointaine, ou encore de se surprendre à rationaliser cette insécurité en se donnant de bonnes raisons de la nier d’une manière ou d’une autre dans ce qu’elle vient révéler aux tréfonds de lui. Ces multiples formes d’impressions ou de rationalisations qui s’enclenchent très rapidement en l’individu sont des modalités de fuite psychologique vécues comme normales qui consistent, aussi longtemps que l’égo en a besoin pour demeurer dans un rapport de survie face à ses conditions d’existence, à ne pas aller à la rencontre du plus grand traumatisme interne jamais dévoilé en lui. Ce trauma est la mémoire de la fracture originelle subit par son âme lors de sa chute dans la densité de la matière. Il marque la brisure de la perfection de l’âme et son expérience atrocement douloureuse de se sentir déchue du fait d’avoir perdue son unité première. Ce traumatisme de l’âme qui est le trauma du corps physique de l’individu, vibre en lui à des degrés variables c’est-à-dire de façon plus ou moins intense, à chaque fois que la vie orchestre pour lui un évènement qui rejoue une situation de perte, d’abandon ou encore de rejet dont l’effet résonne profondément dans une souffrance à la fois psychique et physique. Ultimement, l’individu aura a traverser ces situations de perte, d’abandon ou de rejet en comprenant qu’elles sont une réactualisation de ce qui l’a réduit à la division alors qu’il était une unité parfaite. A partir de cette compréhension, l’individu pourra vivre cette traversée de sa déchirure avec la conscience absolue de ce qui est en jeu dans le but de contenir la souffrance que cela génère en lui afin de revivre ce passage sans se disloquer psychiquement. Traverser sa déchirure sans se disloquer est pour l’heure la seule manière dont dispose l’individu pour rassembler en lui les rayons éclatés de sa qualité d’être cosmique. L’individu en fera l’expérience et pourra sentir et reconnaître qu’à chaque traversée de sa déchirure, car celle-ci ne se traverse pas dans sa totalité en une seule fois sinon ses corps n’y tiendraient pas, il s’approche d’une conscience universelle et devient graduellement un être dont la transparence l’ouvre à la liberté ultime de ne plus vibrer à ce qui crée la division entre les êtres. Ainsi, la convergence des rayons disloqués lors de sa chute originelle qu’il aura su réhabiliter en lui par sa conscience lui confère son unité, c’est-à-dire son statut d’être intégral.
Sandrine Vieillard