Quel qu’en soit le degré, chaque mouvement de défiance que l’individu ressent à l’égard d’une situation ou d’une personne devient la mesure de la manière dont le mémoriel involutif contenu dans ses corps physique et éthérique vibre en réponse aux formes situationnelles ou relationnelles dont il fait l’expérience. Cette mesure lui indique la pression plus ou moins forte que les forces descendantes tentent d’opérer sur lui pour le maintenir prisonnier de schémas psychologiques à partir desquels il se distingue d’autrui avec l’illusion d’asseoir son besoin de sécurisation affective par une définition de lui-même fondée sur un système de valeurs qui crée des frontières entre lui et autrui. Tant que ce besoin de définition identitaire se fait au détriment de l’autre, c’est-à-dire tant que quelque part en lui surgit des impressions, des pensées ou des émotions qui viennent colorer dans une forme de jugement aussi subtil soit-il, la perception qu’il a d’autrui, l’individu demeure esclave des mécanismes retardataires de division qui le figent dans un rapport à autrui dont, d’une manière ou d’une autre, il se sent coupé. Cette coupure le place alors immanquablement dans une rupture vis-à-vis de lui-même, rupture qui a son tour le maintient dans l’illusion d’une fausse identité à laquelle il donne un total crédit et à partir de laquelle il tente rationnellement de se donner raison car cette fausse identité fondée sur des systèmes de valeurs et des réactions psychologiques répétitives qui fabriquent le champ de ce qui lui est connu, constitue l’unique assise qu’il possède et connaît pour se sentir exister. S’arracher aux forces retardataires qui tentent, à l’intérieur de lui, par l’entremise de son système nerveux conditionné, de colorer son rapport à autrui, est pour l’individu une épreuve psychique difficile qu’il est amenée à terme à dépasser en comprenant que la seule manière de réhabiliter l’unité en lui est de faire cesser tout mouvement de diffraction de son énergie pré-personnelle, c’est-à-dire de son savoir cosmique, en mettant toute sa volonté à stopper les mouvements internes insidieux qui le poussent à se juger, à blâmer autrui ou encore à se sentir victime de la vie. Dès lors que l’individu se donne comme ligne directrice forte ce principe de non diffraction, il commence à se donner les moyens de faire place nette à l’intérieur de lui pour s’habiter intégralement et ne plus avoir peur de s’ouvrir à l’autre car il aura appris à se connaître et à se respecter dans le savoir qu’il ne peut pas jouir de l’intelligence du vivant en lui sans être en communication pleine et transparente avec autrui. Communication qui lui ouvre alors des espaces de liberté infinis.
Sandrine Vieillard