Dans son rapport aux évènements qui jalonnent sa vie, l’individu apprend graduellement à considérer les formes que prennent ces évènements comme des manifestations imparfaites du réel de la vie afin de les réactualiser à partir de sa conscience d’où n’émane plus aucun agrippement à quelconque polarisation que ce soit. Cette capacité à se saisir des formes imparfaites de ce monde, c’est-à-dire de faire un arrêt sur image sur tout ce qui, venant de l’extérieur ou de l’intérieur de lui, est susceptible de créer les conditions d’une diffraction de ses énergies pré-personnelles, permet à l’individu d’engager un rapport avec l’invisible où c’est lui qui statue les lois de l’harmonie plutôt que de subir les lois de division qui ont servi à la descente des âmes dans la densité de la matière. En se ré-appropriant cette aptitude à dicter sur les plans invisibles ce qu’est une conscience libre de tout principe de polarité qui alimente depuis des millénaires les divisions intestines que connaissent les hommes et les femmes de ce monde, l’individu se construit sa souveraineté de conscience, c’est-à-dire qu’il participe à faire descendre dans la matière la perfection qu’il pressent dans les éthers. De cette façon, l’individu se voit en mesure d’exploiter chaque événement de sa vie en commençant par ne plus leur donner aucune valeur. Ne pas donner de valeur à l’évènement ne signifie pas pour l’individu de s’efforcer à une indifférence affective ou une neutralité mentale factice car construite de toute pièce, mais plutôt de développer, au fil de son expérience avec les évènements de sa vie, un réflexe de ne pas croire la forme qui se présente à lui car il comprend que la forme en question est l’actualisation du fruit de la diffraction qui s’est opérée sur le réel pour lui soutirer les principes d’intelligence et d’amour universel. De ce fait, l’individu sait que la forme qui s’actualise lorsqu’il vit son initiation ne peut être porteuse d’aucune vérité à partir de laquelle il tirerait des conclusions qui déterminerait les choix de son existence – et qui ne serait rien d’autre qu’une illusion de libre arbitre, mais que cette forme vient uniquement manifester un fragment des possibilités d’expression qui s’actualisent dans un monde polarisé. Sachant cela, l’individu sait alors qu’il lui incombe de toujours recoller les morceaux, c’est-à-dire de sans cesse se réinventer dans sa propre manifestation de conscience par rapport à l’événement en convoquant le réel de ce que doit être une existence libre de tout assujettissement aux forces retardataires qui agissent à partir des plans invisibles pour maintenir les égos coupés de leur qualité originelle. En devenant capable de considérer la forme de l’événement comme une expression partielle, limitée, appauvrie, et distordue de ce que doit être le réel de sa vie, l’individu développe une force de manifestation intérieure à partir de laquelle il commence à transformer les paramètres concrets de son existence pour en faire les fondations d’une vie où la division, quelle que soit la forme qu’elle prend, n’a plus aucune place.
Sandrine Vieillard