L’individu pris dans différents petits tracas de l’existence peut sentir en lui grossir une tension qui génère avec elle une forme d’impatience, d’insatisfaction, de sentiment d’injustice ou toute autre coloration émotionnelle qui le met à défaut et le conduit instantanément à vouloir libérer cette tension par le biais de toute la mécanique mentale et émotive habituelle à partir de laquelle il évalue et juge la situation qu’il vit pour chercher une responsabilité causale à ce qu’il traverse. Pris dans cette machinerie réflexe, l’individu est poussé, sans qu’il s’en rende toujours compte, à se juger lui-même, à juger autrui, ou encore à se sentir victime de l’évènement qu’il évalue comme ne faisant pas son affaire. C’est à ce moment précis que se referme sur sa psyché le piège des plans invisibles car la montée de cette tension qui grandit en lui est une énergie de feu, qui, si elle est dirigée sur lui-même, sur autrui, ou sur l’évènement, est instantanément diffractée sur les plans au bénéfice de tout ce qui dans l’invisible se nourrit des divisions internes ou encore des divisions que l’expression de cette tension occasionne entre les individus. Ce piège se perpétue par l’activation d’autres mécanismes psychologiques qui font suite à la division que l’individu vit intérieurement. Par exemple, l’individu pourra rechercher intimement à se construire une cohésion interne en se donnant raison d’avoir réagi comme il l’a fait par les mêmes cadres de rationalisation qui ont provoqué le mouvement de diffraction de ses énergies propres, ou encore il subira psychologiquement une charge émotionnelle en rapport avec une dialectique émotive de pardon et/ou de culpabilité. Ce marasme intérieur, fait de mille voix prises dans un dialogue acharné et de mille pensées contradictoires vient alimenter une machinerie qui demande une quantité astronomique d’énergie mentale qui est autant d’énergie laissée en pâture à ce qui viole l’individu psychiquement et à ce qui l’empêche de toucher à ce qui est réel en lui. De cette manière, l’individu demeure dans la sphère connue et limitée d’une perception de lui-même et d’autrui régit par des lois de séparation sans cesse alimentées par sa propension à tomber dans le piège de la diffraction. Pour en sortir, l’individu devra se donner à lui-même et pour lui-même la capacité absolue et continue de s’extirper, par sa volonté et son intelligence, de tout ce qui l’assujettit à une condition de vie où il se voit mis en opposition permanente, à des degrés plus ou moins subtils, avec lui-même et avec autrui. Lorsque l’individu aura compris que l’énergie de feu qu’il ressent quand il est face à des évènements générant chez lui une infinité de contrariétés est le parfait carburant d’un mouvement de conscience consistant à fracasser les formes qui se présentent à lui et à dévoiler le jeu des forces des plans invisibles qui ont tout bénéfice à le voir diffracter sa colère vis-à-vis de lui-même ou de ses semblables, il aura fait un premier pas en direction de sa propre liberté psychique. Avec le temps, l’individu constatera qu’il consentira de moins à moins à se laisser violer dans sa tête par des forces antagonistes qui visent systématiquement à l’amputer de son intégrité, de sa beauté et de sa grandeur. Il agira alors en conséquence à utilisant tous les évènements de la vie comme le levier de sa propre expansion identitaire vis-à-vis des plans invisibles qui ont toujours orchestré les événements de sa vie pour lui faire croire qu’il est quelque part impuissant face à eux, lui laissant le goût de penser devoir ultimement s’en remettre à une autorité plus grande que lui. Cette impression est un mensonge énorme, tellement énorme qu’il peut terrifier l’individu dans ce que cela signifie en termes de prise de liberté individuelle. Pour arracher cette liberté qui lui fait peur, l’individu devra dévoiler ce mensonge jusqu’au bout pour renouveler la totalité de son existence et vivre enfin la paix qui lui est due.
Sandrine Vieillard