L’individu qui se donne une perception de lui-même, c’est-à-dire qui parvient à rester près de lui-même pour bâtir une assise identitaire qui se nourrit de tous les évènements de la vie quelle que soit leur polarité, est un individu qui cesse progressivement de subir psychologiquement son existence. Dit autrement, cet individu traverse les différents évènements de sa vie en comprenant qu’ils sont tous calibrés sur mesure pour le placer exactement et à chaque fois dans des situations où ses failles psychologiques sont éprouvées afin que ses réflexes émotionnels ou mentaux habituels soient progressivement déconstruits pour qu’il en comprenne le caractère mensonger et limitant dans son rapport aux autres et au monde. Concrètement, cette capacité à se tenir proche de lui-même pour faire grandir une perception de ce qui est réel en lui, passe par la capacité de l’individu à exploiter les énergies polarisées des évènements qu’il traverse pour en faire un carburant psychique dont le principe consiste à retourner radicalement le mensonge qui constitue ses réactions psychologiques et viscérales. Ce retournement radical peut se résumer par la disposition mentale que développe l’individu à se saisir de toutes les situations oppositionnelles de la vie qui lui créent des tensions, non pas pour tenter de les chasser, de les éluder ou encore de les embellir (en voyant le bon côté des choses ou encore en se disant que cela ira mieux demain) mais au contraire en les convoquant à sa table ‘psychique’ pour les aborder frontalement et les contester car ces tensions qu’il ressent sont la manifestation d’énergies colorées qui tentent de régner en maître dans sa tête pour faire la pluie et le beau temps afin de toujours créer les conditions d’une insatisfaction, d’une frustration, d’une déception, d’une colère, d’une crainte, d’une peur… C’est-à-dire tout ce qui occasionne la diffraction de ses énergies pré-personnelles alors recyclées sur les plans du monde de la mort où se nourrissent des entités parasites. Or, chaque fois que l’individu diffracte ses énergies, il perd d’une partie de son savoir intégral qui se situe au-delà des limites de son fonctionnement psychologique. Scient de ceci, l’individu comprend alors l’importance de ne pas dilapider ce qui lui appartient et de réhabiliter ce qui lui a été arraché par l’action des oppositions existentielles. Cette réhabilitation, qui débute avec l’utilisation du feu de sa colère pour brûler dans son mental tout ce qui lui fait croire, à travers les évènements, qu’il est d’une manière ou d’une autre tenu dans une forme d’impuissance, initie chez l’individu un dialogue avec la qualité particulière des énergies innombrables qui colorent son mental pour le magnétiser et l’assujettir à une fausse croyance de lui-même. Ce dialogue, par lequel l’individu neutralise le mensonge en rétablissant en lui le réel de qui il est par sa capacité à statuer que telle réaction psychologique ou telle émotion ne peut pas le définir (d’un point de vue cosmique) n’est autre qu’un dialogue avec l’invisible que l’individu a bénéfice à poursuivre pour faire éclater toutes les formes énergies qui viennent déranger sa paix intérieure et le maintenir dans des craintes irrésolues dont il ne parvient pas à sortir tant qu’il n’a pas compris que la clef de son expansion psychique ne se situe pas dans la forme polarisée que prend l’évènement mais immédiatement derrière dans sa dimension occulte, c’est-à-dire dans sa dimension non directement accessible par les filtres de ses rationalisations psychologiques. Plus l’individu exercera son discernement à cet endroit de « derrière la forme », plus il affinera sa psyché et plus il gagnera en expansion de conscience pour assoir sa souveraineté identitaire vis-à-vis de tout ce qui occultement cherche à le diminuer. Dans ce processus, l’individu travaille à sa liberté intérieure ainsi qu’à l’organisation d’une vie intelligente et respectueuse de lui-même.
Sandrine Vieillard