Tant que l’individu ne traversera pas, avec sa conscience devenue suffisamment vaste pour en saisir les nuances et maintenir son intégrité, tout ce qui dans sa vie se rejoue pour faire vibrer en lui l’une après l’autre la totalité des déchirures intimes qui l’ont fracturé pour lui faire croire qu’il est un être définitivement déchu condamné à être sans valeur sur cette terre, il gardera en lui la marque de ces traumatismes diffus qui le font s’accrocher à sa fausse identité et le placent devant ce qu’il croit être la mort tel un être totalement soumis à sa propre finitude. Lorsque l’individu sera parvenu à la compréhension que la somme des déchirures qu’il traverse sans qu’il se fasse rattraper par les réflexes de survie consistant à se blâmer, à blâmer autrui ou à blâmer l’évènement, est une convergence graduelle de la lumière en lui qui lui permet de regarder le monde de la mort sans ne plus jamais le craindre, il comprend alors que l’expansion qu’il vit est l’expression de l’éternité de sa conscience qui ne peut plus être réduite au lois involutives du monde matériel.
Sandrine Vieillard