Dans son rapport à l’astrologie, l’individu peut être pris dans une représentation de celle-ci ou prédomine la croyance que les formes événementielles de sa vie et le vécu dont il fait l’expérience sont sous l’influence de forces astrales sur lesquelles il a peu voire pas du tout de prise. Cette acceptation tacite d’un rapport hiérarchique unidirectionnel des astres sur sa conscience incarnée porte en elle un doux mensonge conduisant l’individu à s’inféoder à des forces qu’il croit plus grandes que lui au point de les appréhender comme des forces polarisées qui viennent affecter sa psychologie en faisant la pluie et le beau temps dans sa vie. Pluie et beau temps que l’individu ne manquera pas d’interpréter psychologiquement par l’émergence d’espoirs ou de craintes vis-à-vis des informations qui lui sont données, le maintenant ainsi dans la spirale habituelle de ses schémas psychologiques et des filtres à travers lesquels il a coutume de faire une lecture de son rapport au monde. Cette fixité psychologique de l’individu face aux astres peut venir entériner en lui la croyance du caractère irréductibilité des énergies planétaires sur lui, se manifestant favorablement ou défavorablement tels des petits dieux agissant sur sa vie. Dit autrement, par sa religiosité irrépressible vis-à-vis de ce qui lui paraît dépasser les cadres habituels de la matérialité de son existence, l’individu peut entretenir un rapport avec l’astrologie qu’il spiritualise dans le sens où il la comprend comme un énoncé d’informations qu’il se met à croire parce qu’il s’en remet à l’idée d’une imposition de forces qu’il considère comme indéniable parce que plus grandes que lui. Cela étant, une astrologie qui omettrait de réhabiliter chez l’individu son pouvoir de communication permanent avec les forces planétaires pour en absorber les énergies polarisées afin d’en faire le creuset d’une conscience toujours plus libre des lois de la matière est une astrologie morte. Car il s’agit de replacer au centre de l’intérêt de l’individu le savoir que les planètes sont elles-mêmes programmées pour chacune manifester une gamme de formes possibles de vécus et d’expériences dont l’étendue complète est issue d’une source dite non manifestée contenant en elle toute l’infinité des possibles. Pour sortir de sa condition involutive et inféodée, l’individu doit savoir qu’il n’a plus à vivre ces formes dans l’acceptation d’un plan hiérarchique mais qu’il peut, par l’étendue de sa conscience en lien avec les énergies de la source, être en mesure de manifester par le pouvoir créateur de son esprit en communication permanente avec les intelligences planétaires, de nouvelles formes de vécus. Nouvelles formes de vécus qu’il se choisit une fois sorti du joug des lois de polarités, engendrant alors à leur tour de nouvelles formes de vie devenant l’assise de la beauté et de l’harmonie dans ce monde. Lorsque l’astrologie sera mise au service de l’individu afin qu’il comprenne la programmation de sa psyché et qu’il puisse s’en déconditionner pour trouver les leviers lui permettant d’absorber les énergies planétaires pour sa propre expansion de conscience, elle pourra alors s’apparenter à l’arc magistral avec lequel le Sagittaire tire sa flèche pour atteindre l’absolu de sa conscience cosmique.
Sandrine Vieillard