135 La douleur vibrante dans les subtilités de la sensibilité de l’être

L’individu peut ressentir en lui une telle sensibilité dont la subtilité, la délicatesse et la grandeur n’ont à ce point jamais été ni vues ni reconnues par autrui durant le temps de sa vie qu’il finit par en faire une intimité profonde strictement solitaire jamais dévoilée au grand jour sous peine de devoir vivre une nouvelle fois la terrible déception de ne pas être vu pour qui il est dans la nature la plus subtile et la plus vulnérable de son être. À force de n’avoir jamais été vu dans sa dimension la plus intime, l’individu se coupe d’elle et perd toute possibilité de s’y brancher pour la faire advenir en lui et la partager avec autrui en toute fluidité car cela a toujours fait trop mal. Ce « trop mal » crée comme une digue, un barrage, un empêchement, une amputation de soi à laquelle l’individu s’habitue au point de ne plus savoir que sa sensibilité égale sa peur de la laisser vivre. Cela crée une souffrance dissimulée portée bien serrée en soi qui ressurgit parfois sans prévenir lorsque la vie fait vivre à l’individu des ruptures, des discordes, des conflits de toutes sortes qu’il n’a au fond jamais voulu vivre. Cette expérience de la déchirure, assimilée à la plus grande souffrance qui soit, est une expérience fondamentale vis-à-vis de laquelle l’individu se sent démuni car il ne la comprend pas dans sa nature, et ce faisant, l’évite par multiples moyens, que ce soit par la rationalisation de ce qu’il vit qui l’amène à se blâmer ou à blâmer l’autre ou encore par toutes sortes de fuites psychologiques. Si l’individu ne la comprend pas c’est qu’il ignore que cette déchirure qu’il porte en lui à travers sa très grande sensibilité qui va jusqu’à se vivre tel un écorché vif est la manifestation, qui se rejoue dans sa vie terrestre, de la déchéance de son âme c’est-à-dire de sa chute dans la matière faisant suite à son arrachement de l’état de perfection vécu dans l’unité de son origine. Scient de cela, l’individu peut commencer à traverser sa déchirure sans la réfléchir ni la fuir afin de se laisser pénétrer par cette douleur profonde qui se rejoue en lui sans se disloquer à sa rencontre mais au contraire en la contactant et en la contenant pleinement pour en vivre toutes les subtilités qui le fait alors toucher à toutes les souffrances de l’humanité. Un tel vécu donne alors à l’individu la possibilité de contenir l’universel en lui pour ne plus jamais être aveugle à la subtilité, la délicatesse et la grandeur de la sensibilité d’autrui et de soi-même. Une telle traversée de sa déchirure permet alors à l’individu de lever les voiles sur ce qu’est l’amour. Cet amour sans limite qu’il n’avait jamais connu jusqu’alors.

Sandrine Vieillard

Publié par svieilla

Je m'intéresse à la psyché humaine à la frontière du visible et de l'invisible. J'ai quitté en septembre 2022 mon poste de professeure de psychologie cognitive à l'université Paris Nanterre pour développer une approche de la conscience humaine en dehors des cadres académiques qui me sont apparus en phase d’effondrement. Depuis 2020, je me suis formée à différentes pratiques de soin et d'accompagnement dont certaines sont présentées sur ce site. Dans le même temps s'est dessinée l'obligation de percevoir et de comprendre qu'une nouvelle psychologie devait être déployée (comme beaucoup d'autres champs d'exploration dans l'humanité) au service de l'expansion des consciences humaines et qu'un vaste champ de savoir était à arracher à l'invisible pour en faire une science et non une croyance. Le but étant d'aller à la rencontre de ce qui est réel en chacun de nous. Ce site décrit par ailleurs les soins que je propose dans le cadre de mon activité identifiée sous le n° Siret 902 918 168 000 11.

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