133 Sortir de la mécanisation de sa vie

L’individu peut se surprendre, à des degrés plus ou moins prononcés selon la programmation de sa psyché, à fuir les temps où il est face à lui-même, c’est-à-dire les moments ou il n’existe aucune interface entre lui et lui-même. Cette situation d’être face à soi-même peut même paraître à l’individu totalement exotique tellement le mouvement réflexe de distraire ses sens est puissant. La puissance de ce réflexe est pourtant la mesure de son ignorance face au réel de qui il est. Occupé qu’il est d’être distrait des profondeurs de son être par les stimulations de son environnement, il ne peut accéder aux subtilités de sa conscience encombrée par des automatismes devenus de plus en plus rigides au fil du temps. Pour sortir de l’ignorance de lui-même, l’individu a besoin de contacter en lui tous les conditionnements qui opèrent sur sa conscience et qui le placent dans la répétition des réflexes de distraction ou de compensation. Un tel contact amène l’individu à se regarder de très près dans le quotidien de sa vie pour réaliser à quel point cette dernière est entièrement « mécanisée » par les ressorts de ses obligations et de ses distractions dont aucune ne viennent satisfaire sa nature réelle. Ce contact est par conséquent extrêmement douloureux et bon nombre d’individus préfèrent s’en détourner à cause de la souffrance que cela génère chez eux plutôt que regarder cette souffrance et comprendre qu’elle est le fruit des mémoires involutives qui ont conditionné leur rapport à la vie. À cette souffrance s’ajoute l’effroi de ne pas savoir quoi faire face à cette mécanisation de sa vie car rien à l’intérieur de l’individu ne se présente de manière assez puissante pour assoir son identité profonde à partir de laquelle il pourrait définir d’autres contours à sa vie. Il touche alors à un cercle vicieux où, effrayé par la croyance solidement ancrée en lui d’être impuissant à faire voler en éclat la mécanique de sa vie, il s’invente alors de nouvelles fuites psychologiques pour supporter les conditionnements qui l’emprisonnent. Tant que l’individu se laissera écraser par la peur de se rencontrer et de renverser à l’intérieur de lui-même les logiques de mécanisation de son être qui l’ont asservi dans sa conscience, il ne pourra pas faire le pas vers la construction d’une identité réelle fondée sur le savoir que les lois polarisées de la matière doivent être constamment renversées pour faire advenir un nouvel ordre où son expansion psychique soit définitivement la clef de voute de son incarnation sur terre.

Sandrine Vieillard

Publié par svieilla

Je m'intéresse à la psyché humaine à la frontière du visible et de l'invisible. J'ai quitté en septembre 2022 mon poste de professeure de psychologie cognitive à l'université Paris Nanterre pour développer une approche de la conscience humaine en dehors des cadres académiques qui me sont apparus en phase d’effondrement. Depuis 2020, je me suis formée à différentes pratiques de soin et d'accompagnement dont certaines sont présentées sur ce site. Dans le même temps s'est dessinée l'obligation de percevoir et de comprendre qu'une nouvelle psychologie devait être déployée (comme beaucoup d'autres champs d'exploration dans l'humanité) au service de l'expansion des consciences humaines et qu'un vaste champ de savoir était à arracher à l'invisible pour en faire une science et non une croyance. Le but étant d'aller à la rencontre de ce qui est réel en chacun de nous. Ce site décrit par ailleurs les soins que je propose dans le cadre de mon activité identifiée sous le n° Siret 902 918 168 000 11.

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