Parce qu’il a fini par trouver cela normal, l’individu ne se pose plus la question de comprendre pourquoi il ne parvient pas à apparaître à l’autre dans son entière individualité, sans que sa personnalité et celle d’autrui viennent entrer en résonance pour impacter la qualité de leur communication, et à terme, finir par leur faire porter autant de visages différents que de relations entretenues. L’individu comprendra qu’il n’est pas normal d’arborer des visages différents, si subtile soit leur nuance, selon les personnes qu’il rencontre, parce qu’il verra avec le temps que ces visages sont le fruit d’un déséquilibre de ses énergies internes lié à des lois d’impression ou encore à des charges karmiques qui s’exercent sur lui. Dit autrement, l’individu verra, au fil de son expérience, que ses relations sont potentiellement empreintes d’un poids mémoriel, qu’il soit polarisé positivement ou négativement, qui le soumet à des jeux de communication avec autrui où il peut sentir de manière diffuse et souvent confuse, s’il prend la peine de s’examiner, qu’il n’apparaît pas pleinement à l’autre dans son entièreté, c’est-à-dire dans sa vibration première. Pour apparaître dans son intégralité, l’individu est amené à reconquérir une définition de lui-même par une réhabilitation totale de sa nature cosmique c’est-à-dire par l’éclatement continu et progressif des limitations psychologiques qui pèsent sur sa conscience pour le maintenir dans une expression de lui-même où prévalent des schémas psychologiques régis par des lois polarisées de cause à effet colorant toujours à des degrés divers la qualité de sa relation à l’autre. En s’arrachant à ce qui le limite et le réduit à vibrer à du mémoriel en lui plutôt que de vibrer à sa propre lumière, c’est-à-dire son propre savoir pré-personnel, l’individu trouvera la transparence qui lui permettra de communiquer sans porter aucun masque car il aura cessé d’avoir peur de qui il est et de qui est l’autre.
Sandrine Vieillard