Les forces misogynes qui entourent la femme sont infiniment nombreuses et peuvent s’actualiser dans des formes suffisamment subtiles pour que cette dernière ne les perçoive pas comme telles et continue à vivre au-dedans d’elle un sentiment confus de ne pas être dans son entière légitimité à être dans son assise, c’est-à-dire à être une femme totalement respectée, vue et aimée dans l’entièreté de ce qu’elle rayonne parce qu’elle-même ne parvient pas à se percevoir sans qu’un fond de dévaluation se loge en elle du fait d’être constamment exposée à ces forces misogynes à l’œuvre dans toutes les couches de la société. Ces forces sont véhiculées autant par les hommes que par les femmes elles-mêmes et sont l’expression d’une circulation continue d’un mémoriel involutif de l’humanité où la femme, la dimension Yin de l’être, le repos, la douceur, la fragilité, la sensibilité, la vulnérabilité à être au monde sans se sentir menacé par la vie ont toujours été écrasées par les forces Yang dont la fonction a été de répondre aux lois d’incarnation dans la densité de la matière. Ces forces d’action Yang, qui peuvent représenter le mental de l’individu, ont été prises dans le cadre étriqué des réflexes d’un intellect habitué à polariser les principes afin de créer des systèmes de valeur et se bâtir une identité terrestre. Cela a notamment conduit à surévaluer ses forces Yang et à dévaluer la dimension Yin de l’être et tout ce qui dans son essence en est la manifestation, comme par exemple le corps physique qui est l’âme ou encore, pour revenir au sujet de l’article, la femme. Le temps est venu de comprendre que la femme n’a plus d’énergie à perdre à vouloir exclusivement, dans l’ignorance généralisée de la société où elle vit, exploiter le principe Yang pour apparaître dans le monde et se faire respecter dans la totalité de sa conscience. Le temps est venu pour elle de comprendre que son feu intérieur peut-être mis au service de sa grandeur en faisant éclater dans l’invisible, par sa dénonciation sans relâche et sa capacité à renverser psychiquement les logiques de dévaluation qui pèsent sur elle, toutes les formes de son existence qui se font le véhicule de forces misogynes servies et resservies depuis des lustres. Dans le mouvement de son feu et de sa conscience à l’œuvre, la femme verra que l’homme qui en face d’elle se fait sans le savoir le relai de ses forces est lui-même piégé par des voiles qui occultent son rapport à sa propre nature Yin. Consciente de cela, la femme pourra continuer à aimer l’homme en face d’elle tout en étant capable d’assoir dans sa vie des choix qui feront qu’elle se respectera intégralement sans avoir à subir ce qui a été à l’œuvre depuis des siècles dans ce monde, à savoir une vie où l’homme a été dominé par des forces descendantes l’ayant lui-même conduit à dominer la femme. Dans sa conscience intégrale, la femme devient réellement l’avenir de l’homme.
Sandrine Vieillard