Dans les rapports qu’il entretient avec son entourage, l’individu comprendra que ses projections erronées sur autrui provenant de ses propres croyances, qu’elles soient inconscientes ou encore érigées en système de valeur, viennent distordre la perception de ce qui est réel en l’autre et ainsi générer quantité d’incompréhensions, dont le seul moyen de résolution que l’égo encore inconscient de lui-même et d’autrui se donne, est de réfléchir et de rationaliser sa situation ou celle d’autrui sur la base des mêmes croyances ayant générer ses projections préalables. Ce cercle vicieux, encouragé par le besoin vital de l’égo de se donner raison pour trouver une cohérence à ce qu’il expérimente dans sa vie, place et maintient l’individu dans une totale incapacité à toucher au réel de qui est l’autre et de ce qu’il vit. Dans cette position, l’individu ne parvient pas à faire autrement que d’être coupé de lui-même et d’autrui, ne sachant pas comment en sortir, finissant même par renoncer à toute tentative d’abattre les barrières mentales qui s’érigent entre lui et l’autre car il lui devient plus confortable, dans la sphère intime du connu qu’il s’est construite, de continuer à se donner raison dans le périmètre étriqué de ses propres croyances qui sont devenues au fil de son existence ses piliers identitaires. C’est lorsque la souffrance générée par les divisions subtiles ou très manifestes entre lui et l’autre devient trop forte que l’individu commence à vivre un choc, généré par son esprit, pour l’obliger à s’extraire de ce cercle vicieux, c’est-à-dire des mécaniques identitaires mensongères de sa personnalité afin de s’arracher à ses propres voiles qui distordent sa perception du réel. Dans ce mouvement, l’individu devient alors capable de réhabiliter en lui une compréhension plus vaste, plus étendue, moins égoïque de ce à quoi il vibre lui-même et de ce à quoi vibre autrui, sans avoir à en faire un quelconque jugement de valeur, car parvenu à ce stade, il développe une compréhension plus fine des propres voiles d’autrui et des fonctions qu’elles remplissent temporairement dans son évolution de conscience. Cette compréhension ne donne aucune préemption à vouloir « conscientiser » l’autre car l’individu est en mesure de contenir sa propre lumière sans avoir à rechercher la validation d’autrui ou le convaincre, mais lui permet de toucher le cœur de l’être en face de lui qui vibre derrière les voiles encore mensongers faisant écran entre lui et sa propre lumière. Ce contact issu de sa conscience, offre alors à l’individu toute latitude pour générer les conditions d’un rapport d’égal à égal qui se fasse dans le respect intégral de lui-même et d’autrui.
Sandrine Vieillard