La division entre le principe féminin et le principe masculin peut être maintenu, entre autres choses, par le mouvement spontané de l’homme à rechercher son identité vibratoire dans le rapport à la matière et celui de la femme à bâtir la sienne dans son rapport à l’éther. Dans leur mouvement respectif, l’homme et la femme creusent alors leur sillon identitaire dans deux directions opposées. Dans ces deux mouvements contraires, chacun des deux individus construit et perfectionne son paysage sensible et mental auquel il finit par s’identifier pour en faire une structure de référence existentielle. Chacune de ces deux structures de référence contient déjà en son sein la division première des deux principes, laquelle se manifeste à des degrés plus ou moins subtils par une incommunicabilité entre deux mondes sensibles parce qu’ils se sont toujours vécus psychologiquement à partir des mémoires de division accumulées au fil de l’histoire de l’humanité. Ce canevas identitaire fondé sur un sentiment de profonde différence fige alors la communication entre les femmes et les hommes, les maintenant affairés à creuser leur sillon identitaire erroné tout en se donnant raison de le faire afin de se sécuriser dans cette vie où ils vivent la permanence de leur sentiment d’incomplétude. Lorsque l’homme et la femme auront levé les voiles involutifs qui les maintiennent dans une fausse croyance d’eux-mêmes, ils verront à quel point leur univers respectif est fait de la beauté et de la vaillance de leur âme à donner une cohérence à leur existence alors qu’elle était encore aveuglée par les contours d’un paysage à l’horizon duquel se tient le principe de l’amour universel vers lequel il s’agit à présent de s’acheminer dans un mouvement d’expansion de conscience illimité.
Sandrine Vieillard